3GO LA RE\'UE SOCIALISTE préventions et engagera une multitude de lecteurs à étu<lier aver bienYeillance les questions sociales. Pa1·mi les journaux français qui, sans adhé1·r1· entièrement à toutes les idées nou,·elles, les ont ex.poséesa,·ec une parfaite impartialité et une lumineuse abondanre, il faut citer le Rappel qui continue les grandes traditions de Victor Hugo; son 1·eprésentant, hl. Paul Maurice, a suivi toutes les délibét·ations, assisté de M. Ch. Bos, qui va publier à Paris un volume d'interviews· des pdndpaux rhefs des différents partis ouvrie1·s. Le Socialisme, depuis res ving-t dernil·t·es années. est entré dans une voie toute nouvelle, essentiellement pratique et oxpc:rimentalo. La phase qui s'étend approximati,·ement de 18"'8 à l8ï0. peut être appelée l'àgo héroïque du Sol'ialismr: elle s'épanouit dans l'Internationale des T1·availleu1·s. On peut dire, d'une maniè1•cgéné1·alc, que' l'iMal de cotte pél'ioflc, quoique ti·ès élevé, était quoique peu vague et sentimental. Toutes les doctrines passent d"abord pa1· là. La Yérité est que la nouvelle ~riencc n'avait pas le carnctè1·0 positif et mathématique qu'elle a reYêtu de nos jou1·s, après de longues disrussions entre de profonds sociologues, au premie1· 1·ang desquels lwillent Karl :IIan en Allemagne, Benoit i\lalon en France, Césa1·Do Paepo on Belgique. C01·tos,il y a bien des dive1·gcnres oncot·e. J\Iais en réalité elles ne portent guère que sut· des points scrondaircf:', m· des questions de tactique, de cirronstance, d 'oppo1·tunité. cl"application. Le Socialisme contemporain ou . ricntifique constate que l'érnlution fatale et universelle de l'industrie et <lu rornmcrre modernes conrcntrc les capitaux et les moyens de 1,1·0<1urtion dans un nombre chaque jour plus restreint de mains, 1·croulant ainsi lentement la classe moyenne parmi les dépossédés et, les nércssiteux. Au fur et ù mesure quo rc phénomène économique s'acrentuc, l'union des prolétail'es se resserre en vue <l'une organisation collecti,·iste de la Sociétr organisation que la bourg·eoisic éhauche par la fû1•cedes chosrs. Les s?nrlirats professionnels, emlJryons de !"état social nouveau. appropl'ieront dans l"aveni1·, an profit général, la forme qui se dessine rhar1u~ jour davantage. Les moyens, graduellement dé,·eloppés, sont la ,.cprisc en commun de grands travaux et l'expropriation pay1;e, poul' cause d'utilité publique, du sol et de. premiC'rs instruments du tl'avail. sources de toutes les 1·ichesscs. On Yoit que Je collectivisme est diamétralement opposé au fameux et utopique partage des biens, C'hcval de bataille commode des crincmis de la doctrine nouvelle. lkcf il s'agit d'émé)ncipcr définiti,·emcr1t le trnvail pat· l'abolition <lu salariat, derniè•re forme de l'csrlavago. Depuis la rhute do l'Internationale, le parti sorialistc, bien que décuplé en force, en science et en discipline, n'avait plus tenu de Congrès, à cause cl'ohstarlcs sui· lesquels il est inutile d'insister ici. Deux Congrès furent réunis à Paris, en 1889, et le parti ouvrier holge fut rhargé do la lourde mission de prépa1·ei· un tcrl'ain d'entente commune pou1· la convoration d'un Congrès ~énéral qu'appelaient tous les ,·œux. Après deux années d"cfforts et dP ro1Tespondan<'es, il a mené à bien cette tùchc épineuse à laquelle particuliè_ ment. on serrétairc général, .JeanYolders, a ronsarré toute son habile éne1·- gie. La fü,lgique, confluent des races latine et gel'll1anique, était toute indiquée pour le pn•mie1· Congrès scientifique du socialisme international. Cc n'est pas par intolérance qu'on n'a pas voulu admettre au Congl'ès les anarclti,,tes qui ont déclaré mille fois forme1· un parti distinct. Les socialistes veulent !"organisation des masses; les anarchistes pas. Les socialistes veulent conquéril' l'Etat pour le transformc1·; les ana1·rhistes le détrni1·e immédiatement. Il e!>t inutile clïnsi::,ter sui· l'importance des objets à l'o1·d1·cdu jcur et
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