La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

311 LA REVUE SOCIALISTE qui va prendre le pouvoir cxécutera-t-il son programme d'enseignement gratuit et obligatoire)? - l'inextricabilité des difficultés à vaincre pour obtenir l'assistance des juges participant aux entreprises industrielles et commerciales, et nommés pour maintenir par leur répression la haine des classes, - les hypocrisies légales dont on se sert pour mettre à néant le droit de réunion et de coalition. La plupart des champs n'appartiennent plus que de nom au cultivateur, effectivement ils sont la propriété du notaire, des banques hypothécaires, etc ... Depuis vingt ans le montant des dettes hypothécaires a doublé; en 18r.i7il était de 16.2millions de florins, il est aujourd'hui de 1.080 millions. Les salail'es des valets de ferme, quaud ils travaillent, varient de 1.80 florins à 4.50 fl., avec pe-t'lsion,par semaine, on de 3 fi. à Q. 50 f-t. sans pension. - La grande masse des ouvriers auxiliaires doit travailler pour un salaire variant de 30 à 80 cents (60 centimes à l fr. 00) par jour. L'achat forcé ù la boutique des patrons ravit une bonne part du salaire si péniblement gagné, car ceux-ci vendent leurs marchandise:, à des prix beaucoup plus élevés que les meilleurs magasins. La durée du travail des femmes et des enfants dans les fabriques est limitée, mais les patrons qui demandent une prolongation, trou vent toujours un accu0il favorable. - Dans les tisseranderies la jonrn{~c est ordinairement de onze heures. Dans la plupart des autres ateliers on travaille douze à seize heures par jour, parfois de neuf heures ù minuit. - L'aérago et on gt',néral toutes les conditions hygiéniques ne sont pas sufüsamment observées clans les ateliers, et aussi dans les demeures ouvrières. Les inspecteurs de: fabriques nommés par le gouvernement sont trop pou nombreux ou notoirement insuffisants ou complaisants. Le travail des enfants a atLeint une hauteur terrible, même dans les contrées tourbières, où los travailleurs mènent une vie impossible à décrire. Les ouvl'iers des marais tourbiers travaillent à raison de quinze heures par jour, qnatro jours et demi par semaine et gagnent en ce Lemps Î ù 8 florins. Les hal>itaLions sont des hangars. Les hommes dorment snr la paille sous des couvertures de cheval: ils se nourrissent de farine délayée avec de l'eau puisée à la marc tourbière, de pommes de terre ù l'huile ou au suif, de pain de seigle, et sont usés par le travail avant l'àge. « Leurs mains ressemblent à des griffes; leur dos 0st courbé vers la terre comme si c'étaient des quadrupèdes. » L'Association du personnel <les Chemins de fer, dont les

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