DES SERVICES CO~IMUNAU:X 239 Halles (1), des poids et mesures, des laboratoires municipaux, etc. Selon De Paepe, la commune peut pousser plus loin cette intervention et se fàire l'intermédiaire général et normal entre la production et la consommation. « Pour cela il faut qu'elle prenne en main la gestion de certaines institutions qui existent déjà en germe dans l'organisation actuelle : nous voulons parler des docks et entrepôts où se trouvent consignés certains produits et qui en emmagasinant ces produits, délivrent aux déposants des récépissés et warrants qui deviennent un véritable instrument de crédit et de circulation. Or, ce qui se fait pour les produits dont s·occupe le grand commerce international pourrait ètre avantageusement généralisé à tous les produits. Voyons comme cela pourrait se faire au début: « Les associations ouvrières et même les producteurs (ceci dans les branches où la production individuelle pourra persister) déposeraient leurs produits entre les mains de l'Agence com1nerciale de la commune en échange de récépissés d'une valeur de... et à ce récépissé serait annexé une ~orte de warrant, (1) Les facteurs de la Halle de Paris, autour desquels pivote l'organisation actuelle des Halles, furent créés par une série d'or<lonnauces de l'an VII à l'an XII, dans l.i but de favoriser l'arrivée des marchandises sur Je _carreau des Halles et d'assurer la régularité des ventes en épargnant a leurs commettants les frais et les ennuis cles déplacements et des recouvrements. Sorte de fonctionnaire~ munis d'une charge aprcs ,•ersement d'un. cautionnement, ils n'ont pas tardé a abuser, bien qu'ils soient constamment révoeables et qu'il leur soit interdit de faire le commerce pou1· leur propre compte. Dans une réunion <les Chambres Syndicales des Marchands Fruit.iers tenue au Tivoli-Vauxhall il y a quelques années et à laquelle assistaieut MM. Leven, Paul Strauss, Guichard, Monier, Frère et Cattiaux, conseillers municipaux, les faits suivants furent établis : L'organisation des lfalles, suivant la Chambre Syndicale, donne lieu à de grands abus. Elle tend à donner au prix des denrées une élévation factice en favorisant la spéculation. Les mèmes marchandises y sont revendues quatre et cinq fois dans Je· même jour, alors qu'elles ne devraient l'èt1·e qu'une; si bien qu'avant d'arriTer a11consommateur elles ont pas$é entre les mains de quatre ou cinq intermédiaires. Dans les ventes à la criée, on devrait adjuger 111ême sur une seule enchère, ce qui n'a pas lieu. Les arrivages ne sont pas toujours vendus le même jour: on les garde en magasin, et ils sont avariés quand on les met en vente. Enfin, des facteurs de la Halle font une spéculation qui consiste à se faire adjuger de belles marchandises au prix des marchandises inférieures et à les expédier en province, où ils les revendent à Jeur vraie valeur. Il est clair d'après cela, car l'exemple de Paris peut être pris pour type, que le factage des Halles est à réorganiser et qu'il y a urgence à .le faire maintenant que même l'alimentation au jour le jour des grandes villes se fait en quelque sorte internationalement et réclame une vaste organisation d'achats et de ventes dont la Commune seuie peut être chargée.
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