La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

STA~ISLAS IlARA ·sKI 199 plus encore, à l'enthousiasme sombre qu'ils respiraient. Leur influence a été très grande, non seulement parmi les émigrés, mais encore en Pologne, où ils pénétraient par mille voies détournées. ' Insoucieux à l'excès de tout ce qui touchait au côté extérieur de l'existence, Baranski vivait en véritable ascète. La cause sociale et la patrie - si étroitement unies dans son cœur et dans son cerveau que, l"eût-il voulu, il n'eût pu les séparer - l'avaient pris tout entier. Pendant ·sa courte maladie - il se voyait mourir - aucune préoccupation égoïste n'est venue troubler son esprit. Baranski est mort à l'hôpital Necker, des suites d'une pneumonie. Il était àgé de 32 ans à peine. L'enterrement a eu lieu au cimetière de Bagneux. Tout ce qu'il y a d'éléments militants dans la colonie polonaise, a tenu à honneur de suivre le cortège. Au nombre des Français se trouvait le citoyen Schacre qui a prononcé de touchantes paroles d'adieu. Puis se sont succédé divers orateurs polonais (1). De nombreusos couronnes ont été déposées sur la tombe. La plus belle, donnée au nom de la Pobudlw était toute en épines, sur fond rouge. Les compatriotes du défunt, désireux de perpétuer le souvenir de cette belle vie, si une dans son dévouement à une noble cause, ont pris l'initiative d'une souscription pour l'érection d'un monument funéraire à la mémoire de Baranski. B. LnL.\.NOWSKr. (1) Parmi eux notre collaborateur Boleslas Limanowski, l'infatigable militant patriote noYateur, le saYant et fécond éc1·i"ain socialiste polonais, et notamment l'au lem· estimé du Mouvenent social au XD,.m, siècle (texte polonais) ornne de haute pensée et de serieusc érudition que nous ferons connaîtr·e à nos lecteurs. (S ote cle la Dfrection)

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