La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LA LÉGENDE DE VICTOR HUGO 161 LALÉGENDEVICTOHRUGO de 1817' à 187'2 (Suite et fin) Les amis et les adversaires de Yictor Hugo, ont accrédité des jugements téméraires portés sur lui par la crainte et l'admiration: dans l'intérêt de sa gloire il est nécessaire de les réviser. La phraséologie fulgurante du Hugo. des 35 dernières années donne la chair de poule aux trembleurs qu'épouvantent les mots; aux Prudhommes, pour qui tout Mangin, jonglant avec les vocables Liberté, Egalité, Fraternité, Humanité, Cosmopolitisme,Etats-Uois d'Europe, Révolution et autres balançoires du libéralisme, est un révolutionnaire, un socialiste, bon à coffrer, sinon à fusiller. Mais Hugo, et c'est là son plus sérieux titre à la gloire, sut mettre en contradiction si flagrante ses actes et ses pm·oles, qu'il ne s'est pas encore rencontré en Europe et en Amérique, un politicien pour démontrer d'une manière plus éclatante la parfaite innocuité des truculentes expressions du libéralisme. Ainsi que l'on se nourrit de pain et de viande, Hugo se repait <l'Humanité et de Fraternité. - Le 14 août 1848, huit jours après le départ du premier convoi, qui transportait 581 insurgés, il ·fonda à côté de la Réu.nion de la rue de Poitiers, la Reunion, de la Fraternite. La peur de perdre leur cher argent, que les Pereire et les Mirès de la finance impériale, devaient confisquer si allègrement, avait enragé les petits bourgeois de 1848. La presse honnête et modérée racontait sur Il •

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