LES DESSOUS DU NOTARIAT 117 mellre les nolaires en compélilion, car la concurrence ainsi que le besoin pousse aux compromissions; vivanL au milieu d'u11e populalion donL les pensées ne sont jamais Lourné(:'Sque vers les choses matérielles, les relations de société n'exisleronL pas pour lui; bien· mieux, il lui faudra beaucoup d'entregenl, ce public spécial ne voyanL jamais en lui que la fonction, qui, à la longue, lui produira l'effet d'une Lunique de Nessus. Ces petites éludes ne rapporlent guère au-delà de 12 à 1500 francs par an; mellons 2000 fr. pour faire la part large : ce sera le produit décla1·é par le prédécesseur; mais toujours le jeune titulaire voil faux: il n'a pas tenu compte des non-val~urs, des rabais, quand le campagnard lui mel le marché à la main, des avances de limbres el de droits à payer au fisc, des perles dïnLérèls, des frais de déplace1pent, el de l'intérèt du cautionnemenl et du prix de l'office. Dans ces condilions, une élude d'un revenu brut de :JOOOfr. en rapporle à peine 1000. Si ce nolaÎl'e a de la famille et point de fortune, c·rsl une misère noire; il joindra d'autres occupations à sa profession; il sera géomètre, expert; sa t'emme cherche1·a quelqu'emploi, Lel que celui que je pourrais citer, de mailresse de coulure dans une école primaire, à 80 fr. par an. Quel est l'ouvrier, le manœuvre, le prolétaire qui acceplerail celle condition! celui-ci n'a que son patron à conlenler, il fait sa journée sans préoccupation aucune: Loute son intelligence va ù son lrnvail. Le notaire que je viens de dépeindre a la p1·éoccupation d'une clientèle versatile et difficile à contenter. Le découragement finit par l'envahir; il vend son office, s'il le peut, ou bien il l'abandonne. Que le lecteur se promène dans l'anLic!1ambre du premier tribunal civil venu, el il pourra y lire des affiches,offran Làdeux ou trois mille francs des offices abandonnés par leurs titulaires, qui ont compris qu'ils se sont fourvoyés, ~l ont cherché une autre position plus rémunératrice, .el dont l'exercice puisse se taire sans autant compromellre le respect que tout homme se doit. Je passe aux éludes de cantons aisés ou mêmes riches; géuéralemenl les notaires y sonl lrop nombreux; si le chef-lieu possède deux notaires, ils se regardent souvent comme deux chiens de faïence, la confraternilé élanl un vain mol. Se lient-il un marr,hé hebdomadaire au chef-lieu,les notaires des communes voisines y accourent; chacun d'eux s'installe dans un cabaret el là les actes s'écrivent ù2leT pocula et cibos. Je pourrais citer tel cheflieu de r,anlon, où les notaires des environs accourent le jour du marché el s'installent sous la halle aux grains, ayant chacun son pilier. Quelle lulle, non pour la vie, mais pour leE acles 1
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