La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

RÉACTION ET PROTECTION 137 Malgré le succès de nos industries dans les expositions internationales et le développement si rapide de nos exportations d'objets manufacturés, l'on nous replace à la veille de 18ü0. - L'on nie qu'après 1868 (malgré l'insécnrité dùe aux agissements d'une politique machiavélique qui a abouti aux désastres de 1870-1871),la baisse de prix fut suivie de prix largement rémunérateurs, gni.ce au développement de la consommation, à la stimulation de l'esprit d'initiative, au renouvellemeut de l'outillage et du matériel., à l'amélioration de la fabrication. - L'on fait semblant•d'oublier qu'en 1880 la déc_isionprise par la Cham- . bre de ne pas modifier sensiblement le tarif de 1860 fut le signal d'une plu::;grande activité, que nos producteurs, uos fabricants, replacés en face de la concurrence, piqués par l'émulation surent faire preuve d'une remarquable souplesse de transformation et ont progressé. L'on ne veut peut-ètre pas précisément comprimer cett.e marche progressive, encore signalée récemment par M. Teisserenc de Bort; mais l'on y arrivera fatalement,à canse des représailles des pays étrangers, même des pays de langue française. Quelle masse de petites ruines vont s·accumuler ! Que d'ouvriers sans travail si de.5 usines sont forcées de fermer, comme après le vote des droits sur les maïs, par lesquels on prétendait aussi rétablir simplement l'équilibre entre les producteurs, alors que l'on s'initiait plutôt ù la théorie de l'alcool de betteraves obligatoire, à la localisation des monopol,~sdans le~ pays fortunés où pousse la bottera ve. Je ne sais quel vent de démence a soufflé sur cette Chambre élne dans une heure d'effarement politique, pour qu'elle ait osé voter un tarif maximum majoré de,67 ¾ sur le tarifconventionnel actuel, et un tarif minimum ~ajoré de 40 ¾, qui dépasse de plus de trois fois la somme représentant la différence entre le tarif conventionnel actuel et le tarif général de 1881. Je ne comprends pas comment avec. un tarif minimum qui n'est pas défendable, l'on peut encore espérer faire d'avantageuses conventions commerciales. Le plus vulgaire commerçant sait qu'il doit ménager ses clients, s'il veut garder ses débouchés et maintenir l'élasticii,é de sa vente. - Nous allons mécontenter tout le monde; puis nous nous fâcherons, si l'Angleterre nous applique la reciprocity the:>ry, si les négociations de l'Allemagne avec l'Autriche-Hongrie, l'Italie, la Serbie, la Roumaïlie, la-Bulgarie, la Hollande, la. Bclgiqüe, la Suisse, l'Espagne, le Portugal, aboutissent à une sorte de terrible Zollverein, qui

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