La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

108 LA REVUE SOCIALISTE Protestation des dépittés socialistes français Les députés socialistes envoient une étreinte chaleureuse a leurs collègues italiens Cavalotti, Imliriani et à tous ceux qui, avec eux, protestent contre les meneurs de la triple alliance, dont l'unique but est de pousser le peuple à une lutte fratrie id~ pour amener l'oubli de leurs revendications sociales. Elus des trarnilleurs, ils saluent l'Italie et les travailleurs italiens, leurs fréres de combat pour l'affranchissement de l'humanité. Ferroul, Dnmay, Baudin, Calvinhac, Girodet, Chassaing, Cluseret, Theron, Thivrier, Lachise, Franconie, Hovelacque, Antide Boyer, Couturier. La TriJJle Alliance et la Démocratie Italienne Italiens, 'Jne alliance dont nous n'avons jamais pu connaître les clauses, les engagements, les limites, pèse depuis dix ans sur la nation, avec toute la pesanteur tles dépenses qu'elle entraine, avec tout le vide prorluit par la rupture d'antiques et naturels échanges de commerce. Elle est là - l'inconnu dans le présent :_ l'incube pour l'a venir. Sa conséquence manifeste : les burlgets militaires redoublés au détriment des budgets productifs, la ruine financière, l'appauvrissement général. L'année 1 92 est la date libératrice d"une telle alliance pour l'Italie. La voix publique, la presse, nous menacent d'un renouvellement. Que ceux-là veillent qui, des aspirations, des droits, des intérêts de la patrie vi \"ent préoccupés. A quelles fins sont destinés les armes, le sang, l'argeni? JI appartient à la nation, finalement, de prononcer haut et ferme sa parole souvet·aine. En l'interrogeant, nous accomplissons un devoir. La volonté nationale doit se manifester pa1· tous les moyens consentis et efficaces : Réunions du peuple en libres comices - Réunions de toutes les sociétés - corporations politiques, sociétés constituées pour la défense du travail, sociétés d3 production, de secours mutuels. De ces groupes doit jaillir la loyale manifestation de la pensée et de la volonté nationale - Elle doit s'affirmer sous la forme plébiscitaire : - Gui - Non! La nation italienne veut-elle la triple alliance? Veut-elle la paix armée, compagne de la misère publique? Veut-elle les pactes secrets qui l'entraînent vers l'inconnu et vers une guerre non désiréP, de personne, parce qu'elle ne correspond à aucun but national? Cette parole est nécessaire, sous peine d'abdication de la liberté et de la souveraineté. Nous u\mtendons point nous substituer à elle - mais nous ,•oulons connaître de la bouche du peuple vivant et vrai le sentiment public. Signé: Giovanni Bovio, Napoleone Colajanni, Ettore Ferra1·i, Enrico Ferri, Matteo Renato, ImbrianiPoerio, Felice Albani, Luigi Lodi. Si M. Nicotera n'arrive pas à le baillonner, la parole est maintenant au peuple italien, car la Chambre a été obligée de

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