J\IOUVE.MENT SOCIAL EN' FRANCE ET A L.ÉTIUNGER !Ji Le Protée catholique, se rappelant que la force du christianisme primitif a été le ralliement autour de quelques idées générales et généreuses de l'infi11ie diversité des àmes humaineg, et sentant lui é<.:hàpperde plus en plus la direction des consciences, a j ngé dans son infail libi lité qnïl fallait fait·e oublier un peu les injures et les anathèmes de jadis, et faire au progrès sa part, la part du fe11, en conseillant l'intervention de l'Etat même laïque, en faveur Jcs vaincus et des opprimés de la collectivité, dont la condition n'est pas ce que le christianisme et l'humanité exigent qu'elle soit. L'encyclique intéressée de Léon XIII proclame l'insuffisance des salaires, 0t ln nécessité de la limitation de la tyrannie du capital. Pourtant, qu0 l'on s·.r trompe pas, la papauté cherche simplement it canaliser une partie du mouvement socialiste rta niajore11i Dei glori{tin. Voici un extrait probant de la circulaire pontificale: Réfutation de la solution proposée par le socialisme Les socialistes, pour guérir ce mal (le monopole de la richesse), poussent à la haine jalouse des pauvres contre ceux qui possèdent et prétendent que toute propriëtë de biens privés doit être supprimée, que les biens d'un chacun doivent être communs à tous et que leur administration doit reveni1· aux municipalités ou a !"Etat. Moyennant cette translation des propriêtés et cette égale répartition entre les citoyens des richesses et de leurs commodités ils se flattent de porte1· un remède efficace aux maux présents. i'llais pareille théorie, loin d'être capable de mettre fin au conflit, ferait tort a l'ouvrier si elle était mise en pratique. D'ailleurs, elle est sou\'erainement injuste, en ce qu'elle "iole les droits légitimes des propriétaires, qu'elle dénature le_s fonctions de l'Etat et tend à bouleverser de fond en comble l'éùifice social. § l. - Celle solution se1·ait nuisible aux ouvriers eux-mèmes. De fait, comme il est facile de le comprendre. la raison intrinsèque du travail entrepris par quiconque exercé un art lucratif, le but immédiat ,·isë par le t1availleur, c'est de conquë:rir un bieu qu'il possèd~ra en prop1·e et comme lui appartenant: car, sïl met à la disposition d'autrui ses forces et son in<lustrie, ce n'est pas éYidemment pour un motif autre, sinon pour obtenir de quoi pourYoir à son entretien et aux . besoins de la vie, et il attend de son traYail non seulement Je droit au salai1·e, mais encore un droit strict et rigoureux d'en user comme bon lui semblera. Si donc, en réduisant ses dépenses, il est arrivè à faire quelques épargnes, et si, pour s'en assurer la ronsen·ation, il les a par exemple réalisées dans un champ, il est de toute évidence que cc champ n'est pas autre chose que le salaire transformé: le fonds ainsi acquis sera la propriété de l'artisan au même titre que la rèmunération mème de son travail. i'llais qui ne Yoit que c'est p1·écisément en cela que consiste le droit de propriété mobilière et immobilière? Ainsi, cette conversion Je la propriété privée en propriété collecl,i"e, tant préconisée par le socialisme, n'aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire, en leur retirant la libre disposition de leur salaire et en leur enlevant par le fait même 7
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