1.A HE\'UE SOCIALISTE inutile ... Il faudra, pour la délivrer, que je me délivre moi-même de la vie... Je peux bien encore lui donner cela, pour ce que j'en ferai quand je serai bien sûr d'être seul... \·ALI". - Tais-toi ! M1c111:1.. - Pom·quoi ? ... C'est toi qui l'as voulu ... J'examine la situation ... Je cherche de bonne foi une issue ... Si tu y tiens, je t'ayouerai même que je tremble de la trouver et que cet état d'incertitude qui m'a fait tel que tu me vois, je tremble d'avoir à le regretter un jour ... Eh bien, as-tu assez sondé ma plaie, est-elle asse1. profonde? Va, mon pauvre ami, crois-moi, laissons faire le temps, laissons venir les événements ... En attendant, je vais me remettre au travail, tirer de mon mal le bien d'autrui. \'Au'\'. - Écoute, il reste un espoir ... L'autre, que tu absous si facilement, est parti ... Qui te dit que ce n'est pas la vertu de ta femme plutôt que son propre scrupule qui l'a chassé ... Le devoir, tu en conviens, parle haut en elle... Tu n'as pas le droit d'attendre inerte le résultat de ce conflit; tu dois à Hélène, tu dois à ton bonheur et au sien d'intervenir. Promets-moi de lui parler ... de tout faire pour reconquérir ton repos et la paix de ton foyer ... Tu pades sans cesse de son droit, à elle. Eh ! n'est-ce pas ton devoir de le lui assurer. Et n'est-il pas mieux assuré par toi, par ton amour ... Toi parti, que devient-elle? L'autre vient, soit ... Et s'il la quitte un jour? ... Comment n'as-tu pas prévu cette débâcle d'existence, cette femme abandonnée à elle-même, il toutes les impulsions extérieures, à tous les périls ... Et tu hésites à b saurn1· en te sauvant toimême !... M1c111.:L. - Oui, tu as peut-être raison. Je lui parlerai aujourd'hui même. \' ALI'\.- A la bonne heure ... Je te laisse sur ces bonnes dispositions. Il n'y a entre toi et ta femme qu'un malentendu ..• Parle-lui ouvertement, sollicite sa franchise et vous êtes sauvés tous deux ... A tantôt ... Courage .. MICHEL, seul, 1,uis HÉLÈNE. M1cm:L.- Parler ... Que dire? ... Et qu'entendre! ... Jadis, dans une crise mortefle, j'ai demandé au médecin de me dire la vérité ... Je tremblais moins qu'en ce moment; il ne s'agissait que de ma vie ... La voici... Jamais je n'oserai ...
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