LES COOPÉRATIO'-1S OU\ HIÈHES 78 hommes de peine viennent à leur tour d'entrer dans la danse des luttes économiques. A ce titre, la grève glorieuse des dockers de Londres - aoùt-septembre l883 - est un véritable événement. " Il s'agissait des ouvriers les plus pauvres, de ceux qui semblaient tout à fait incapables de s'organise1· et qui passaient pour le rebut de l'armée du travail. Jls ont su soutenir leurs prétentions avec frrmeté, sans violence, et ils ont trou,·é un appui matériel et pécuniaire dans la sympathie manifeste cl11 monde anglo-saxon : l'Australie seule a enrnyé :.!::i,000livres (li:?:'i,000fr.) (1). Les grévistes trouvèrent un appui moral de singulière puissance dans l'intervention du cardinal Manning, qui ne fut pas étranger à la victoire ouvrière qui termina la grève. Nous avons noté que la seconde période des grèves françaises s'ouvrit après la loi, imparfaite mais bienraisante cependant de 18\ii. L'agitation alk\ crescendo, et en 1868 et 18li9, Louis Bonaparte interpréta sa fameuse brochure sur !'Extinction du I'crnpérisme, en faisant fusiller les ouniers à bout de misère à la Ricamarie et à Aubin. En 1/-\70,les grèves colossales du Creusot, de Fourchambault et de .\lulhou~e arnient porté un coup terrible au potffoir impérial, lorsque éc..:latala func:,tc guerre franco-allemande. l\lalgré la défaite de la Commune, le,; grèves reprirent la partie de 18ï4.. Ici nous avons des d1i!Tresplus précis. De 11:\ïi à 1 'K7on compte 10ï3 grhes, dont : 4.7 't pour obtenir augmentation de salaire; 276 pour s'opposer à une diminution de salaire; 63 pour obtenir diminution du temps de travail; 210 pour protester contre un régime trop oppressif; 118 pour motifs d'ordre moins général. Sur !J98de ces grèves dont les résultats sont connus; :.!~>7ont eu une issue entièrement favorable pour les ouvriers; l70 ont abouti à une transt\ction favorable aux ouvriers; [>81ont échoué. Récapitulation : 4.-27réussites sur !J!l8 tcntati ,·es, c'est-à-dire 4.27victoires qui ne sont pas payées par des défaites correspondantes, ca1· les échecs des ouvriers grévistes ne sont que le retour au statu quo ante bellum, c'est un simple assaut repoussé, l'armée restant clans ses positions anciennes, après avoir perdu quelque. munitions. On parait penser de même en Allemagne, où depuis la loi du 2 l juin 1869 qui permet les coalitions, les grèves se sont succédé avec une importance croissante jusqu'à cette grande grève tic mai L889 qui, dans toutes lrs régions houillères de l'Allemagne, (1) La Rif/orme sociale, compte rendu tl"une conférence de 1\1, des Rotours . •
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