ûi2 L.\ REYUE SOCIALISTE Et tandis que les29lû actionnaires qui ont eu la peine de se transmettre fidèlement un titre de père en fils, voient ainsi septupler leur fortune, on mesure le morceau de pain noir aux ouvriers mineurs qui font ces richesses avec leur sang et avec leurs os? Ajoutons que « chaque fois que les seigneurs de la mine ont eu voix dans les conseils du gouvernement ils s'en sont servi pour obtenir de monstreux privilèges aux dépens du pays. C'est ainsi, rapporte le journal le Socialiste, qu'au mois d'avril 18îl, alors que la Commune non encore vaincue, lui disputait le pouvoir, M. Thiers, président de la République rendit un arrêté obligeant le ministre de la marine à s'approvisionner pour ses fournitures de chauffage, de briquettes, à la Compagnie des mines d' Anzin. - li imposa les briquettes en question à 30 francs la tonne, alors que par l'adjudication on pouvait obtenir la mème qualité de briquettes à 10 francs. Cette opération qui dure encore a eu pour effet d'augmenter de 20 millions annuels les bénéfices des actionnaires d' Anzin. « M. Thiers était un des plus forts actionnaires de la Compagnie d' Anzin, et c'est là un des nombreux actes de piraterie et de vol du sinistre et sanguinaire bourgeois dirigeant» ( 1). Lorsque l'année sui vante les ouvriers réclamèrent par la grève un salaire plus rémunérateur le sinistre vieillard qui avait encore les mains rouges du sang de 35.000 ouvriers et sPcialistes parisiens, mit toute l'armée française sur pied pour sauver ses dividendes et ceux des ducs de Broglie et d' Audiffred Pasquier, ses co-associés. Voici la lettre monumentale qu'il écrivit à cette occasion : Versailles. :e 25Juillct, 2 h. 45 (18ï2) (( Président de la République à Préjet du Pas-de-Calais. (< J'approuve votre énergie et la promptitude de la répressioll. li faut absolument que ces désastres fmissent. Sans retard, j'ai fait partir un régiment (( pour Douai, avec des vivres et de tentes. Un second, celui (( qui fait brigade avec le régiment parti, est prêt à s'embarquer. " j'ai cent mille hommes ici. et lesmoyens de répressionnevous manq 11erot1p1as. La République ne doit souffrir de désordre nulle part, surtout le désordre envoyé du drhors par des perturbateurs qui voudraient bouleverser la société européenne. Ce so11tdes eu11e11d1eis la libératioll dn sol, que ceux qui, dans ce moment, inquiètent les esprits et menacent le crédit de la France. Il faut donc de suite réduire par la force et la justice (la justice des tribunaux bien entendu). Signé: A. THIERS.» On réprima en effet, et les ouvriers terrorisés durent redescendre dans leur enfer géologique, sans avoir rien obtenu. { l) Emmanuel Pignon dans la Revue Socialis/e , 887.
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