La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

63S LA REVUE SOCIALISTE elle admet aussi les laïques et les étrangers. Nous citerons parmi ses membres les plus éminents, les pasteurs Fallot, de Boyne de Pressensé, Puaux, Monod, Trial; les économistes, Emile de Laxelcye, Charles Secrétan, Charles Gide; M:\I. Siegfried, député; Frédéril' Necker, président de la Société chrétienne suisse d'économie sociale; Rocha!, pré,i<lcnt de la Société <le tempérance de Genève; Jloerich, président de la Société pour l'élude pratique des ques1ions sociales, de Gcncrn également; Mm" Koechlin, Puaux, de :\lestral, de Lausanne, etc., etc. Arri,·ons maintenant au compte rendu de la troisii:mc assemblée générale de l".\ssociation tenue à ;\lontbaiard eu 1890; les précédents congres avaient eu lieu, le premier à Xlmes, le second à Lyon. ;\lontbéliard a sans doute été choi~i pour faciliter la Ycnue des étrangers, suisses, belges, alsaciens, etc., qui, en effet, en assez grand nombre ont participé au congres. Les trarnux portaient sur trois questions principales: 1• L'assistance public1uc; 2• Les accidents du trarnil; 3• La participation aux bénéfices. Il faut bien ravouer, nous aYons eu une déception en constatant combien dans ses r-onclusions générales, l'assemblée s"éloignc des tendances collccti- '"istc~ de quelques-uns de ses membres. En cc qui concerne les deux dernières questions, le congres de ~lontbéliard marque un véricable mouYcment de recul sur les précédents qui, sans ti'op la préeiscr il est nai, admell'1icnt cepcuùant l"intcn-ention de l'État, tandis ,1u·ù. :\lontbéliard les partisans du !aisseP-j'aire économique ont fait passer des résolutions tout opposées. Les congressistes clc :\1ontbéliarcl n·ont pas même osé Yoter l'assurance obligatoire pdur les accidents de fabriques; ils ont préfé;é s·cn rapporter à la philanthropie patronale, comme si nous ne savions pas par rcxpériencc, combien peu on doit en attendre. lis nous disent par exemple que: • L'assurance obligatoire en permcltanl aux patrons de dégager leur responsabilité par le payement d'une simple prime annuelle est dc,tructive de toute idée de patronat et de fraternité, et doit par suite être repoussée. • Détruire la fraternité entre patrons et ouni ers nous parait difficile; il faudrait d"abord qu'elle c.~istàt. li y a longtemps mèmc que les soc,alistcs de la chaire ont fait justice de ce prétendu libéralisme économic1uc qui laisse les ouvriers sans garantie:--. Relativement à la participation aux bénéfices, dont le rapporteur n'était autre que :\1. Charles Hobcrt, un des doyens de la doctrine, les conclusions auxquelles le c·ongrcs s"est rallié ne changent pas un iota à la situation actuelle. L'assemblée exprime de simples vo'ux fort anodins; clic souhaite • que la participation aux bénéfices s'intl'Ocluisc de plus en plus dans les établissements où clic peut Nrc appliquée ,. et quant à la coopération de production, elle est d'avis que • rctte forme ,l'association peut naitre soit de l"effort spontané des trarnilleurs intelligents et laborieux, soit par la transformation d'u11c maison patronale, ... mais que dans tous les cas, pour.arriYer :',un succës normal cl durable, les associations coopératives de production doivent former leur capital san~ le <·oncour!ide l'ttat ,,._ Ces <"onclu,ions sont, on le voit, nettement antisocialistcs. Il en ,·aautrement, hâtons-nous de le rcconnaltre, sur la question de !"assistance publique; l'assemblée de Montbéliard reste sur le large terrain de !"assistance sociale obligatoire et ses conclusions l'impliqueut en principe. Elles peU\·ent être ainsi résumûcs.

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