LA REVUE SOCIALISTE mièrc fois à l\aples) que démocrates et mazziniens se trouvent d'accord pour proclamer les droits des truYailleurs, lesquels sont simplement des corollaires logiques des droits de l'homme et du citoren. E.n France, nous n'avons pas le bonheur <l'assister à pareil spectacle. Le parti radical a-t-il jamais P.u l'idée de provoquer un congrè:i des droits du travail? ,\xant le boulangisme, les radicaux socialistes (ne pas confondre avec les radicaux éc0nomistes) se sont enfermés dans une néfaste politique de couloirs, cherchant des ministères à dévorer, au lieu de s'efforcer de créer dans le sens de leur programme et de leurs idées un courant populaire assez puissant pou1· leur assurer un jour la majorité. Depuis les élections de 188!1,notre vieux radicalisme, un instant ré,·eillé par l'incident superficiel de 'I'hennido,·, persiste à ne pas voir l'insufftsance de ses vieilles formules. Il est retombé dans sa torpeur, et ne se souvient guère de cette phrase du manifeste électoral de la presse radicale parisienne de 1883 : « Au point où nous en sommes, quiconque n'est pas socialiste n'est pas républicain. » Cependant le socialisme grandit, et, par le propre effort de la conscience publique, aujourd'hui il a bien plus que le droit de cité, il apparait comme la dernière c;;pérance nationale. On a som·cnt reproché à Clémcnccau l'abandon ou plutôt la mise en sommeil de son programme d'action réformiste politir1uc et sociale de 1&!0. A présent ce programme pourrait être repris. En le rajeunissant un peu, on pourrait encore en tirer une plate-forme pra(i11uc. li est un autre programme, oh! très démodé, dont on ne se souvient mèmc plus, qui est allé rejoindre les vieilles lunes et les vieilles guitares; eh bien! celui-là aussi, le fameux programme de 18G!J,pourrait être repris, combiné avec celui <luClémcnceau d'antan et agrùnenté des ré.solutions les plus prati11ues, les plus immédiatement réalisables votées par les congrès socialistes. (..)uechacun y metlc du sien. Si les progressistes radicaux allaient <l'un coup à leur extrême maximum, les progressistes socialistes descendraient à leur extrême minimum, sans renoncer à leurs espérances collectivistes, qui sont en accord avec les lois de l'évolution sociale. Quiconque n'est pas socialiste n'est pas républicain. Adrien V EBER.
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