LE CO~IMUNISME E~ A~IERIQUE T }f L ~ CO)fMUNISME EN AMÉRIQUE LES SHAKERS I .1,,C LEI: Ceux qui pensent que la saine philosophie se substituera prochainement aux croyances surnaturelles oublient trop la femme, chez laquelle l'imagination prédomine sur la raison et qui ne peut se passer d'un culte. Si demain toutes les révélations étaient éteintes, il en surgirait une nou,·elle du cerveau exalté de la femme. Cette ÈYe éternelle présenterait sa pomme à l'éternel Adam et celui-ci y mordrait, comme dans la légende biblir1ue. :\Iaric Alacoque, une nonne ignorante, a fait accepter au catholicisme par une hallucination que propagent les Jésuites dans le siècle de Yoltaire et qu'a sanctionné !',\.,semblée nationale de France, en 18ï 1, en autorisant l'érection d'une église consacrée au Sacré-Cœur sur les hauteurs de :\lontmartre. La réforme de Luther et de Calvin tendait i1 se fondre en un déisme pur parmi le::;protestants .. \.rrivc une pauvre ounièra, Anne Lee, qui ne se contente pas d'ajouter une fioriture mirobolante à la vieille foi, mais se pose en une incarnation de la divinité, trouve des adeptes, traverse avec eux l'Atlantique et fonde une société florissante depuis plus de cent ans, au sein des États de l'Union américaine. Cette femme excentrique naquit à Manchester, en Angleterre, le 2U février 1ï36. Son père était un simple forgeron et ne put lui donne1· aucune .espèce d'éducation. Encombré de huit enfants, il l'envoya toute jeune travailler dans une manufacture de coton et la laissa ensuite s'engager comme cuisinière. Au milieu des machines, comme au milieu des fourneaux, la future révélatrice n'apprit ni à lire ni à écrire et garda, jusqu'à la fin de ses jours, sa béate igno-
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