La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES COOPERATIO:--:S OU\'Rll~RES nl que ses flatteurs appelaient le roi du monde socictl, les a-t-il données comme la panacée ùe louc; les maux économiques. Elles ne réussiront même pas, Lassalle le prévoyait en 1863, à sauYer la petite bourgeoisie <lesenvahissements cxrrnpriateurs <lela grande industrie, du gros commerce et <lela haute finance. Il faut cependant ajouter que la coopération allemande n'a pas eu que le c1·é<litpour objectif. En cette même année 11::i-~0, on comptait, en plus des 1,8!)3 banques populai.-es, G'i:2sociétés de ,·onsommation, 6'i!) sociétés de production et 46 sociétés <le construction. En tout, 3,203 sociétés i:oopérativcs. A cc compte, la solution de la question sociale devrait être fort avancée en Allemagne. Au contraire il se trouve que, là comme en Angleterre, où le::;résultats sont plus brillants rncorc, le fléau du paupérisme ne s'est pas amorti, tant il est vrai que, mème dans ses plus puissantes manifc,-tation::;, l',1icle-loi exclusif <les ér,onomistes ne saurait suffire à lc\·er le rocher de misère qui tient le prolétariat dans les limbes des privations du jour et de l'inséclll'ité du len<lcmain. En Italie, la coopération s'est manifc,,téc aussi tout d'abo1·d par la fondation de banques populaires. Cc •1ui s'explique comme en Allemagne par le moindre degré de dé\·eloppement industriel. 1Ialgré les efforts d'homme::;sympathiques <:omrneFrancesco Vigano et Ugo Rabbeno, d'un économi te pratique de la valeur de Luzzat.ti, les résultats sont loin de faire penser à ceux obtenus en Allemagne. Au 31 décembre 187!), l'Italie possêdait cent associations coopératives de crédit, ou cent banques populaires. Le nombre total des as~ociés était de . des actions . . des employés. Dépenses d'administration. . Moyenne des bénéfices nl't~ Total des opérations. . . . . 90,472 742,S'i.3 713 1,1 L5,tG3 8.26 0/0 317,637,000 Ces sociétés de crédit sont de simples banques bien gêrées. Elles attribuent, chaque année, une parcelle de leurs bénéfices à des œuvres de bienfaisance; par ce côté seulement, elles touchent, sinon au socialisme, du moins à la philanthropie. Autrement intéressantes, au point de vue social, nous paraissent· les Società di Braccianti, que nous ont fait connaitre l.JgoRabbeno, dans son livre les Socielà coopfrative di produ::;ione, et Luigi Bodio, directem du bureau de statistique de Rome, dans son livre Sulle associazione cooperalive in ltalia.

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