LES COOPÉRATIONS OUVRl~:RES 47 moins que les sociétés de production ne peuvent réussir que si, fondées sur de vastes proportions, clics sont reliées entre elles sous le contrôle de l'Etat commanditaire. Quant aux sociétés de consommation de cette époqu(', dies prospéraient pour la plupart: mais elles étaient <l'origine républicaine, crime irrémissible pour l'homme du Deux-Décembre, qui les fit dissoudre (1). Mise sous la pierre sépulcrale par la néfaste dictature bonapartiste, la coopération ressu,;cita le troisième lustre, c'est-à•dire vers 186'1. Ce fut pendant quatre années un véritable 1·evival de l'association sous toutes ses forrhes, dont, à partir de 18ü7, la Coopération, d'Abel DaYaud, fut en quelque sorte l'organe offlciel (2). A l'encontre de cc qui s'était pas,;é en 181.8,on posa en principe que tout concours de l'Etat ne pourrait qu'être funeste. La coopération (ai·à cla se, disaient les nouYcaux docteurs du coopératisme individualiste. Pour l'y aider, cependant, on créa des sociétés de crédit aux associations ouvrières, qui, naturellement, furent impuissantes. La première sombra pour avoir été trop généreuse (3); la seconde (4) vit qu'il était pins prudent de ne pas assumer une tâche trop lourde pour clic cipe,· à la subvention <lel'Etat. D'autres, après ,'être soutenues quelque temps, furent dispersées et détruites par les su,ccptibilités ombrageuses <le la police. Quelques-unes, qui auraient pu prnspérer par l'économie si elles avaient étu réduites à leurs propres ressources, durent leur ruine à la libéralité mèmc de l'Etat. Elles se trou,·èrcnt trop riches dès le commcucement et n'apportèrent pas, dans leurs opérations, la réscn·é et la prudence qui pouvaient seules en assurer le succès. D'ailleurs, la condition singuliérc imposée à toutes par le comi!é de répartition, de se constituer en nom collectif et de former un fon<ls de réserve indivisible, n'était pas de nature à les faire prospérer. A cela, il faut ajouter le nombre généralement trop consiùérablc des asspciés, qui rendait à peu près impossibles le bon accord et l'harmouie indi,pcnsables à toute entreprise de cc genre. (Eugéùc Y~''°"• les i\.~soeiations ouol'ifres.) (1) Un e:,;emplc de coopérative <le consomtnation florissante brisée par les argousins du second Empire : • Les Tl'acailleul's ,uiis, dissous en 1851,par al'l'Nédu maréchal de Castellane, et forcés de se liquider, avaient commencé par acheter en commun une tonne d'huile en 1818.Au bout de deux ans d'existence, la ~ociété comptait 2,500mem. bres. Dix centimes que chacun d'eux versait par semaine arnient suffi pour installer sept magasins d'épicel'ic, trois fours de boulangerie, deux étaux de boucherie, une charcuterie, des entrepôts de vins et de cha,·bon, etc.; pour porter à un million le chiffre <lesopérations annuelles. (FLOTAJto, leMouoement coopératif à Lyon.) (2j Le journal la Coopél'alion arnit été précédé du Cow·,·iel' j,•ancais, de Vermorel; de l'Association, de lléraud, et de la Mutualiié, de Jules Vinçard. (3) La société du C1·édit au t,·acail, fondée par Beluzc, gendre de Cabet. (4) La Caisse des associ.ati.o11spoputai,•es, dirigée par Léon \Valras, au-
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