La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Si l'on considère, d'autre part, que l'article le plus important de notre exportation, les vins, s'est maintenu à 25 millions par an, malgré la crise viticole provoquée par le phylloxera, on conviendra que Ja balance du commerce n'est pas aussi favorable à l'Allemagne qu'on veut bien le dire tous les jours, dans les milieux où l'on juge des problèmes les plus compliqués ù vue de nez, sans se donner la peine de consulter les éléments d'information nécessaires. ~lalgré ces conditions, l'Union douanière de la France, de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, à laquelle s'adjoindraient l'Italie, l'Espagne, le Portugal et les autres petits pays dont l'accession permettrait à ce quatrième empire industriel de lutter avec les trois précédents, est-elle possible dans un avenir plus ou moins prochain? ~l. Peez laisse à cet avenir la réponse définitive, tout en affirmant que c'est là un problème à résoudre dans un délai peut-être peu éloigné. (Juoi qu'il en soit, il y a là une vue intéressante, qui ne manque pas clegrandeur, sauf peut-être que le député autrichien n'a pas suffisamment tenu compte des différences de régime politique qui, autant et même plus que les difTérends nationaux, séparent les trois grandes puissances de l'Europe centrale. Le difTérendnational entre la France et l'Allemagne ne tarderait sans doute pas à se régler, si une rnocliflcation politique profonde, qu'il n'est pas impossible de prévoir, venait à se produire clans ce dernier pays. Il est certain que ce jour-là, l'Union douanière aurait fait un grand pas. 8ans compter que la constitution de celte unité économique proYoquerait, à son tour, des modification;; profondes dans le régime social des deux pays, modifications de nature à. résoudre le problème dont l'unité douanière, seule, est incapable de fournir la solution; je veux parler de l'équilibre à. instituer entre la puissance de consommation et les forces cle production. Les grandes unités douanières que propose 11. Peez seraient sans doute un progrès considérable sur l'état_de choses international actuel, puis<ru'elles group'.lraient en quatre ou cinq grands empire,; inclustriels l'humanité aujourd'hui morcelée à l'infini. i\lais elles ne sauraient résoudre le problème social que comporte le vice de la production capitaliste, et en fin de compte, le socialisme est toujours le libérateur indispensable aux maux de toute sorte qui allligent la génération présence des peuples, en mal de transformations économiques. Seulement, les zollverein proposés rendraient singulièrement plus facile l'éclosion de la crise mondiale qui se prépare. J'ai signalé, clans le dernier numéro de la Revue socialiste, la proclamation officielle de la scission survenue, au sein du monde catholique français, en suite de l'attitude prise depuis quelque temps par M. de l\lun et ses amis, sur les questions brùlantes du

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==