LES COOPltRATION~ OU\'Hll::HES 48 raison ne S<' contenta pas d'inventer le mot et de propager la théorie, on lui doit les premiers essais do coopération qu'un écrivain rétrograde a ainsi caractérisés : « Hohert Owen, l'inventeur et l'apôtre des sociétés coopémtiPrs, prétendait les réaliser dans un établi,;sement oi1 le trarnil collectif embrasserait à la foi~ l'.1griculture et l'industrie, où l'esprit aurait sa part <le sati~factions légitimes comme le corps, où le travail serait volontaire, où nulle infraction ne serllit punie, nulle pri,·ation obligatoire, où le respect des droits deviendrait le résultat d'un mutuel et bienveillant intérêt (1). » La qualité dominante <lu peuple anglais étant l'aptitude aux réalisations pratiques, l'idée d'Owen était trop synthétique et trop vaste pour être bien comprise du prolétariat anglais, mais il en dégagea vite les côtés immédiatement a,•antageux. Ainsi naquirent les sociétés de consommation. Après quelr1ue tàtonnements le mouvement fut accéléré par quelques réussites éclatantes, dont la plus célèbre est celle des Pionnie1·.~ de Rochcl11le. On connait l'histoire cent fois écrite de cette ociété. C'était en novembre 18i3. L'industrie anglaise traversait une crise intense. Quelques tisserands, clans le but d'améliorer leur triste condition présente, se cotisèrent et s'associèrent pour acheter en gros leurs denrées d'alime11tation. lis furent d'abord au nomhre de 28, versant chacun :20centimes par' semaine; dès qu'ils eurent réuni 700 francs, ils louèrent un réduit dans une rue obscure et y détaillèrent quelques denrées de première nécessité. La petite entreprise coopérative prospéra si bien que 3ü ans plus tard, en 1880, les adhérents étaient au nombre de J0,613, possédant un capital-actions de 7,3H,230 francs, faisant un chifîre d'affaires de 7,0\Jl,975 francs et réalisant un bénéfice de 1,2t:3,ü25 francs, c'est-à-dire d'environ 17 0/0 du fonds social (2). 'ous devons malheureusement ajouter qu'il n'y a là qu'une brillante opération commerciale collective; les Pionnie1·s n'ont jamais rien compris en dehors de l'intérêt de leur groupement. Tout naturellement on les a imités aussi dans leur étroitesse de conception qui, de la sorte, a prédominé dans la coopération anglaise. L'impulsion n'en fut pas moins puissante, surtout à partir de 1818, grâce au puissant concours de ces vaillants apôtres de la coopération qui sont le professeur Maurice, l'avocat Ludlow, le pasteur Kingsley et les publicistes Vansittart Neale, .\. Van~ittart, Fur- (1) Ch. o·A~SAILLY, le Pa1tpéris111eet le, a~sociatio11., 01:c1·ii!1·es 1•11 f;1trope. (2) C. LEBRUN, la Loi s1tr les syndicats projes,ionncl,,, et l'a•sotiation coop,'· ratice.
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