412 LA RE\"UE SOCIALISTE but charitable. Ou bien ces sociétés bienfaisantes seront supplantées et alors une quantité de gens qu'elles soulageaient seront dépouillés de leur;; aumônes habituelles, ou bien ceux qui bénéficient déjà directement des restes des maisons aisées seront privés de cette ressource, à moins pourtant que le général Booth ne fasse la découverte de monceaux de reliefs, inaperçus jusqu'ici. ?lfais laissons-là ces puérilités qui ne méritent pas de nous retenir plus longtemps. Ayant ainsi fait une brèYe et bien insuffisante exposition de son organisation industrielle à la ville, le général Booth nous transporte à la campagne, et, à ce propos, faisons remarquer ici que nous sommes les premiers à reconnaître la possibilité d'une organisation de travail de la terre conjointement avec celui de la ville. Nous comprenons très bien que, par l'échange mutuel des produits, les difTérentes catégories de travailleurs se fournissent réciproquement des marchandises à des conditions équivalentes et pour le plus grand avantage de tous .. Mais quand on vient nous parler sérieusement des bandes de terrain inculte qui longent nos lignes de chemins de fer comme étant propices à la petite cultme, nous commençons à nous demander si le général Booth se rend réellement compte de l'organisme économique auquel il a affairn et alors que, partout comme on sait, la petite culture est en train de montrer son impuissance. La situation des petits fermiers est en France l'objet des sérieuses inquiétudes des économistes ; des recherches récentes démontrent qu'ils sont lentement mais impitoyablement écrasés sur le marché du monde. De nos jours, l'homme ne vit pas seulement de pain ou des productions d'une petite ferme, et aussitôt que ses marcl,andises agricoles servent d'objets d'échange a\·ec des produits industriels: vêtements, chaussures, etc., il est dans un état d'infériorité marquée avec le gi-and producteur. Il y a pire encore; plus ces petites propriétés se multiplient et veulent vivre, plus la concurrence devient àpre. Le général Booth se doit d'examiner la situation des petits propriétaires telle qu'elle est exposée dans les rapports de la Commission impériale allemande sur Baden-Baden et l'Alsace-Lorraine; ceux de la Commission italienne dont le sénateur Jacini était président, sur la situation des paysans en Italie, et les rapports des commissions agricoles en France et en Suisse. Tous lui diront une seule et même chose que, partout et excepté dans des conditions spéciales, le petit propriétaire luttant pour vendre ses produits sur le marché se trouvera avec Je temps dans une situation pire qu'il n'était à son début. Le général Booth a apparemment oublié que l'agricultu1·e est aujourd'hui une branche de production capitaliste tout comme la
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