MOUVE~IENT SOCI.\L EN FRANCE ET A L'r:TRANGER /l',;i Mais cette revendication d'une limitation internationale de la journée de travail, quoique considérée comme la principale, ne sera pas séparée des autres points sur lesquels, d'après le congrès de Paris, doit porter une législation internationale intégralement protectrice du travail. - En même temps qu'une pression à exercer en vue de toutes les réformes économiques, il s'agit, pour les classes ouvrières de partout, d'affirmer le 1°' mai de chaque année le lien qui les unit, leur communauté d'aspirations et d'action. - Le cosmopolitisme industriel et commercial a justement pour contre-partie logique l'association internationule des travailleurs, qui ne veulent plus, dans une lutte inégale, être amenés à prodiguer leurs forces pour gagner un salaire insuffisant. Le 1 e, mai dernier a montré tous les salariés unis devant les réformes sociales, dont l'adoption serait une source de bien-être général, de plus grande culture intellectuelle et morale, et une atténuation du chômage, ce sinistre recruteur des dépôts de mendicité, des prisons et des morgues. Le 1 c, mai prochain, la démocratie socialiste internationale établira pour la seconde fois aux yeux des partis conservateurs de toutes les nations sa parfaite communion d'idées, sa force d'organisation et son unité d'action. l\IANJFESTATIOX IXTERK\TION.-\LE DU l" mai. Au.r t,·arniUeurs de Fmnce. Camai·ades, Nous approchons du l" mai, que dans leurs congrès nationaux tous les partis ouvriers d'Europe, d'.\mérique et d'.-\ustralic ont décidé de perpétuer comme fète internationale du traYail; et les nouvelles qui nous arrivent de partout nous montrent, jusque dans le plus petit hameau, les trarnilleurs se préparant à ce grand acte de solidarité. Cc jour-là, en effet, les frontières se trou,·cront effacées et, dans l'uni,·ers entier, on Yerra uni ce qui doit ètre uni et séparé ce qui doit èti·c séparé: d'un côté les producleurs de toute richesse (que sous couleur de patriotisme on cherche à jeter les uns contre les autres), debout, la main dans la main, dans une même volonté d'émancipation; de l'autre les exploiteurs de tout ordre coalisant vainement leur peur et leur lâcheté contre un mouYcment hi$toriquc que rien ne peut arrèter et qui les emportera. Camarades de France, Ce jour-là se dressera devant Îcs plus indifférents la question sociale tout entière. En présence de cette surproduction de richesse, qui se traduit pour la classe productrice par une misère sans précédent, tous réfléchiront et se demanderont le pourquoi d'un pareil état de choses : Pourquoi les ouHiers d'usine, les employés de magasin et de bureau voient, arnc leur salaire diminué et leur travail accru, leurs femmes et leurs enfants de plus en plus absorbés par le bagne capitaliste et retournés contre eux comme concurrents aux rabais 1
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