LA BANQUE DE FRANCE 317 C'est cc que j'ai démontré dans un ouvrage que personne n'a réfuté jusqu'ici (1). Au surplus, je ne conçois pas qu'en osant inv0quer la grosseur apparente de son encaisse métallique, la Banque de France ne s'aperçoive pas que, du même coup, elle avoue combien clic s'est éloignée du but de sa création. Elle a été fondée, en efTet,pour aider le commerce en lui fournissant un supplément de moyens d'échange (le billet), et non pas pour confisquer le moyen métal en vue d'obliger le commerce à lui payer une redevance. En d'autres termes, la multiplicité des escomptes devrait être la preuve d'une prospérité commerciale tellement féconde que la quantité normale de métal frappé ne suffise plus aux échanges. Tandis qu'au contraire, entre les mains de la Banque, l'escompte, même rare, est devenu un signe de détresse, parce que le métal a été confisqué, et parce que pour le strict nécessaire, les moyens d'échange courant sont tout à fait insuflisants. Les économistes officiels savent bien que cette argumentation n'est pas réfutable; c'est pourquoi ils ont imaginé, je ne dirai pas une théorie, le mot serait trop honorable ... mais un c boniment » , tendant à établir la nécessité absolue des grosses encaisses métalliques. Ils ont prétendu que celles-ci étaient une garantie contre l'élévation du taux de l'escompte. On lisait même récemment (2) dans le Petit Journal : " L'importance de l'encaisse a une influence prépondérante sur « le taux de l'argent; la Banque de France peut, avec une encaisse « dépassant deux milliards, maintenir à 3 0/0 le taux de l'intérêt; la « Banque d'Angleterre, quand son encaisse descend au-dessous de « un milliard, comme cela a été le cas en décembre 1890, est obligée « de l'élever à 5 0/0. » Oui ! voilà ce que la haute finance fait dire à la masse du public ! Et d'abord, où diable l'auteur de cette prose a-t-il vu que l'encaisse de la Banque d'Angleterre ait jamais atteint un milliard i Les encaissès actuelles, qui tournent autour <le 500 millions de f1·ancs, sont les plus élevées du siècle. Et quant aux mouvements inverses de ces encaisses et du taux de l'intérêt, voici qui contredit absolument ce singulier économiste : (1) Où est l'ar9ent page f vu et 97-98. (2) Petit joi,rnal du 15 février 1891.
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