LE MINISTÈRE DU TJH \'AIL 287 tel exemple susciterait chez les autres nations seraient pour ces dernières une cause d'infériorité non dédaignable. Mais nous mettons les choses au pire. Rien ne bouge au delà des frontières, et les ouvriers étrangers, attirés par des conditions meilleures, arrivent en plus grand nombre (1). C'est cela même, dira-t-ou, et le fait se produisant, comment y parerez-vous? Ou vous prendrez des mesures et vous manquerez i1 vos principes internationalistes, ou vous laisserez faire, et un million d'étrangers de plus, -dont au besoin on favoriserait l'émigration du dedans et du dehors, rendront vains tous les efforts de votre ministère du travail. Disons tout de suite que cet insolent défi à une tentative sérieuse de pacifique transformation économique aurait pour réponse immédiate une révolution Yiolente qui ferait bien regretter aux capitalistes leurs aveugles provo_cations (2). Mais discutons plus simplement. L'Etat socialiste français sernit armé d'une législation ouvr1ere rigoureuse et rigoureusement appliquée ; pour en faire une arme suffisamment ùéfensive il suffirait de deux adjonctions. L'une (article 15 des programmes du Parti ouvrier français) portant •< interdiction aux patrons <l'employer des ouvrier:; étrangers à des conditions autres que les ouvriers français ». (1) L'immigration étrangérc s·accroît constamment depuis 1861. Voici les chiffres: 1861...................... · · · · · · 1872........................... . 1876................ - .... · · • · • · · 1881 .......................... . 1886 ........................... . 49'J.000 étrangers. 733.000 801.000 1.001.000 1.115.21-! On n'exagère pas en attribuant aux chercheurs de traYail les neuf dixièmes de l'immigration. (2) Evidemment la difficulté est ici grossie pour ne laisser prise à aucune objection. En effet, après les traYaux du gouvernement fédéral suisse et la conférence de Berlin, le Yote d'une législation internationale qui a été surtout retardée par la coupable attitude des délégués français \moins un) et <lesdélé• gués anglais, n'est plus qu·une affaire de temps. . On parle couramment de l'établissement d"un Office international dll traoa,l à Berne où dix nations règlent déjà internationalement les conditions générales du transit des marchandises. L'initiative française que nous supposons aurait immédiatement sa contrepartie en !::iuisse; puis en Allemagne ei bientùt en Angleterre. Elle deviendrait des lors une affaire européenne, car ces quatre nations pourraiout forcer et forceraient le consentement des autres.
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