La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE MINISTÈRE DU TRAVAIL :!78 proposé par M. Alglave, l'éminent directeur de la Bibl:othèr1ue scientifique intemationctle ( l). Dans tous les centres du travail, la bonne influence du nouveau ministère se ferait sentit·. Tout d'abord, on augmenterait les salaires, on prescrirait le repos du dimanche et on réduirait la journée à huit heures comme en a donné l'exemple le gouvernement américain par une loi déjà ancienne (2). De plus, il mettrait graduellement en pratique, du moins dans (1) Dans le s~·stëme <le :\1. .\lµ'.laYc (Yoir lù Temps <lu2:i janvier !Si6), l'Etat n'interviendrait pas directement <lans la rahricatiun, il se bornerait à acheter par YOicd'a<ljudicalion, étant le seul acheteur bien entendu, c'est cc qui constituerait son monopole. li livrerait cn,uite au c·ommcrcc par bouteille, éti11uetées. Cela seul surfirait pour ,·aloir à l'Etat un bénéfice de plus d'un milliard. • Un milliard, ajoute-l-il, qui ne coûterait pa~ un centime aux con,ornmateu1·s, puisque le prix du petit \'erre serait maintenu, comme il l'est aujourd'hui presque partout, iL 10 centimes, en prenant quarante pctib Yerres au litre, et l'n maintenant l'eau-de-vie il 0 10degré,, ce qui dépas,ù la moyenne actuelle. Sur celte ba~c, chaque hectolitre d'al<-001pur fournit 2~0 litres de liqueur qui, à 4 francs le litre, représente 1,000 fr. En l'-SI, la régie a t~xé 1,~"'-~,ooo hectolitres <l'alcool pur qui auraient fait entrer dans le Trésor 1, tt>8,000,(J(N) fr.; soit p1·ës d'un milliard et demi. li faudrait en déduire d'abord le pl'i, de l'alcool, environ 50 fr. l'hectolitre : doublons-le pour être large et l<'nir compte des frais de manipulation et de transport; cela rcra Jj() millions eu chiffres ronds. La. remise des débitants ,, 10 0/0 r cpréscntc iL peu prh la mèmc somme: c'est donc en tout 300 millions à déduire, et il en rc,te encore 1,200, ou au moins / millia,·d 50 millions, si on veut porter la remise ,les cabaretiers à tO 0/0. Ceux-ci, qui perdraient sans doute à la réforme, auraient comme compensation la liberté entière du vin, de la bière et de toutes les autre, boissons, qni ne payeraient plus aucune cspccù d'impôt. Ce n'est pa~ le seul impôt qui disparaitrait a-·cc le nou,·eau ,ysti:me. li donne 8()() millions de boni sur le produit actuel de l'impôt, qui n'atteint pa, :1:;o millions, etc. (2) \'oici le texte de celle loi religieusement obsen·ée dans l'.\mériquc du :-iord el qui .., été le point d'appui dont se sont ser,·is les ounier, de l'industrie priYéc pour conquérir, eux aussi, la journée de huit heures: « Art.1"'. - La journée de travail est fixée à huit heures pour tous les journaliers, ouvriers et artisans que le gou,·crnemcnt des Elat.-,-Unis ou le district de Colombie occupe aujourd'hui ou occupera plus tar<l. li n'est permis exceptionnellement de travailler plus de huit heures par jour que dans des CM absolument urgents, qui pcu,·cnt se présenter en temps de guerre ou lorsqu'il est nécessaire de protéger la propriété ou la ,·ic humaine. Tou1croi,, dan~ ces cas-là, le travail supplémentaire doit être payé en prenant pour base le salaire de journée de huit heures. Celui-ci ne pourra jamais être inféricu,· au salaire que l'on paie habituellement dans la contrée. Les journaliers, ounicrs et artisans occupés pa.r des contractants ou des sous-contractants de trn.,·aux pour le compte du gouvernement des Etats-Cnis ou du district de Colon1bie sont regardés comme des employés du gou\'crncment des Etats-Unis ou du district de Colombie. Les fonctionnaires de l'État qui ont des paJCmcnts à raire, pour le compte du gouvernement, aux contractants ou aux sous-contractants \ioh·ent, avant do payer, s'assure,· que les contractants ou les sous·contract.anls ont sa18

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