L.\ RE\.UE SOCI..\Ll:-TI·. mens<'Sdocuments bounés de faits sur les coûts des diverses productions dans chaque pays, sur les salaires payés, sur la durée de la journée de travail, sur les conflits rec~nn~s entre e'.11ployeurset employés, en un mot sur toutes les combmaiso~:5 poss1_!Jl~sentre le travailctlc capital. - :Mais le ministère du travail amér1cam, - par celamêmequ'il n'est qu'une savante concentration de compilations de faits et de statistic1ues, - n'en est pas moins inférieur au Secretarial ouvrier suisse, qui est un véritable Conseil représentatif du travail, directement élu par les organisations ouvrières. - Nou<, n'avons pas à insister, ni il nous étendre davantage en comparaisons dont aucune ne serait ü l'arnntage du Conseil français, lequel e,:t moins que rien. En effet, dan,; le prochain numéro de la Revue socialiste, Benoit Malon envisagera longuement les attributions reconstructives d'un mini~tèrc du travail digne de ce nom: « Le Ministère du 'l',·avail et srs attributions. » Mieux eCttvalu, si l'on ne voulait pas faire grand et adopttr en la précisant la proposition parlementaire de M. Camille Raspail (1), mieux eût valu créer de modestes conseils de l'industrie et du travail comme en Belgique, plutôt que de donner le jour ü cette institution bâtarde d'un con-,eil supérieur du travail, aux attributions mal définies, et qui, loin de trancher le plus petit nœud gordien, ne fera qu'apporter une plus grande confusion encore dans le chaos; des bureaux de l'administration centrale cl dans le fouillis des idées réformatrices qui sollicitent le cerveau <les électeur,; en cette fin de siècle. - Plus pratiquement fidèles à cette R&rnlution, dont le souvenir enfle sans ce,;,;eleur voix, nos gouvernants auraient dCtse rappeler que 11:grand mouvement démocratique et social de 48 - dont les acteurs n'avaient pas encore perdu le sens <le la tradition révolutionn!\ire - avait nettement résumé ses aspirations fraternelles et égalitaires dans unr· formule qui contient c-ngerme tout le socialisme si:ientifique de nos jours. Des publicistes demandaient en toutes lettres dans leurs écrits la socialirntion des instruments cle ttavail. Et les rlrapeaux des im,urgé:, portaient une même devise: 01·ganisalioa du tl'avail; Minislb·e du tl'Clvail. (1) Aux termes do celle proposition, les attributions du ministère du traYail à créer sera1enl les suivantes : 1° la lé~islation 1ntcrnatJouale du travail; - !_•l'organisation du travail ; - 3• l"h~giène <les atelier~; - 4• réglemonta.- tton <lu travail; - 5• la. coloni~a.lion de l'.\lgérie et de la Tunbio; - 6• enfin loul~s los questions ~o rattacha.nt au tra"ail des ,·illes ot des campagnes, ~ynd1cats, associations ouHières, prêts agricoles, conseil~ des pl'll<l"l1ommes, ca~s,cs de retraite pour la \'ieillcsse, de secours mulueh, des im·alides <lu lrava1l, assurance cont1·e les acci<lcnts, protection de la femme et de l'enCa.nt dans les_usiucs et n_ianuracturcs, sociétés coopératives, cncouragcmen\ aux patron~ qui font parllc1per le, ouvrier~ <lans les bénéfices.
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