CHAUMETTE 85 au-dessous de moi et de rtlon caractère pour que j'entreprenne rl'y répondre, c'est à la saine portion du peuple à me juger. J'ai fait ce que j'ai cru bon etje m'aime assez pour n'en pas rendre d'autre compte. >> Le 24 germinal an II, la tête de ce juste roula sur l'échafaud avec celles <ledix-sept autres Yictimes. De ce nombre étaient la veuve d'Hébert, ex-religieuse, pleine clebeauté. de charme et d'intelligence et celle de Camille Desmoulins, la douce et infortunée Lucile, assassinée à 23 ans. Robespierre n'oubliait pas les femmes : il était réservé à ses continuateurs d'aller jusqu'aux enfants. Avec la loi de prairial on en verrait Yoir bien d'autres. « Dieux, prêtres et rois sont parents, dit éloquemment Gust0-vo Tridon. Qu'y a-t-il entre Rospierre et Hildebrand? une simple formule. - Entre Robespierre et Chaumette? un abîme. Napoléon lui trouYait de la suite; et son coup d'état de germinal, ses velléités religieuses, lui recruteront longtemps encore des admirateurs et des dévots (1). )> Quant à la Commune de Paris, son rôle est désormais terminé; aYec Payan et ses acolyte!'\, elle n'est plus que l'humble servante du tyran (2). Ainsi fut arrêté dans son suprême élan, - du moins en Francele mouvement qui, après trois siècles d'efforts et de combats, allait affranchir le monde. En Yain, l'Humanité, soulevant peu à peu la pierre sépulcrale sous laquelle le Sémitisme chrétien avait tenté de l'écraser, apparaissait enfin déli\Tèe, toute radieuse et toute triomphante, et criant déjà dans sa gloire, - et aYec combien plus de raison que les imposteurs et les faux. prophétes : - « Je suis la Résurrection et la Vie! » - Une nouvelle incarnation de Jéhovah, l'éternel Dieu des colères et des massacres, s'élevait encore une fois de l'abîme et la replongait tout ensanglantée clansle tombeau... Robespierre a désormais le champ libre; de la terreur, qui était (1) Les Hébatistes, p. 35. (2) La conduite de Danton dans cette affaire des Hébertistes sera un éternel sujet de regret pour les admirateurs ;du grand patriote. « L'homme d'Etat de 93, confesse son éloquent et infatigable panégyriste, subit ici comme l' Assemblée, la fatalité du moment; ne voyant plus assez loin ni d'assez haut, il ne put surmonter la domination sophistique de Rousseau et sacrifia aux exigences du comité, à des combinaisons et à des représailles de parti, la question si grave de la tentative de rénovation spirituelle de l'an II. .. Sans le prévoir et sans le vouloir, Danton rendit possible l'immolation de la Commune, l'arrêt du mouvement révolutionnaire, sa propre chute et la tyrannie de Robespierre. Jusque-là moteur principal de la Révolution, il s'arrêta le jour_ même où il monta à la tribune pour soutenir le Comité de salut public et l'Etre suprême contre la Commune et contre la nouvelle déesse (26 rlécembre 1793) ». (D• Robinet : Le procès des dantonistes, d'après les documents, précédé d"une introduction historique. Paris, Leroux, 187-1,p. 88.)
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