La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

78 LA REVUE SOCIALISTE 111ait·0do Paris; quant à Bailly, son rôle ost clésormais terminé. Manuel est nommé 1n·ocm·eu1· de la Commune aYec Danton pom· ::-ubstiiut et Rœclm·ot' au dépai·tement. En juillet 1702, nous reti-ouvon:--lo nom clc Clrn.umctto au bas ,l'une clécla1·ation cle sa section, appdanl ious les hal>iiani:-- ,le la ,lite section il l'exercice des droits de citoyen, sans distinction cl'aclifs ou clc passifs; c·cst la pt>emièrc application cln sufft•age universel, t<'mpéré, d'ailleurs, par l'Mection à doux clcp;r6s. Sa signatu1·e se yoit it ct>té clc celles de DaRton et <le Momcn·o (l ). La 1•(,yolntion clu 10 août fut m·ganiséo et diriµh• tout entière pa1· les élus des sections. ChaunwLte ctait au norn1>1·0des commissaires dési:.m. és pn.1·la sienne. Cc' :--onl ces commissai1·('s qui, choisis par la la population pat·isie1me, s'in:--lallc'1·ent dans la nnii clu 0 au JO aoùt à l'IJôtel-<k-Ville à la placo 110l'anci<'n conseil gcnéral, s'adjoigni1·cni les aulorités municipales, le mai1·0Pétion, le 11rocm·cu1·Manuel, ot 01·ganisè1·ent la reyoluiion qui cmpol'ia le il·,îrn•. L'insu 1·1·c,ct.ion<lu 10 août était <liI·igée conir<' l'Assemblée, 1·éactionnai1·<' en grande pal'lie, non moins c1uctonlt·c la royauté. Aussi, la nouYell<' CornmuJH', ainsi c·onstitut'O n'eut elle gai·de de faillir it son mandat.. lVIPsu1·psd';u·1·r:.-latio11et ,l'(,Jaq..?.issement, su::;ponsion des pas:--c-pol'ts, suppression des journaux royalistes, elle pom·\·oit à tout, agissant eu pouYoi1· souYcrain. (.~uel Cui :-on 1·<>lexact dans lus massac1·es de septe111ù1·e?,oila cc quo nous 1ùn ons pas à <liscutc1· aujourd'hui; Chaumette n'y lJL'Îiaucune pnrt., étant abseut de Pm·is au momrnt où ils cmcnt lieu (~)- Il ayait présiclé le Conseil de la 11ouYollcC>ommune daIJs la soit't'e même du 10 aoüt. (1) ki encore, ce sont des Co!'deliers, des Ilébertistes, oserons-nous dire, qui prennent l'initiative d'une mesure réclamée par quelques voix isolées, dès 1789. « Pou1· traiter <l'auonl ·ce qui concerne le nombre et la qualité des électeul's, lit-on dans un document de cette époque, le soussigné penserait que tous les citoyens sans exception devraient avoir le droit de voter ... Combien n'est-il pas inconséquent et souverainement injuste de la part du Tiers-gtat, lors<1uïl réclame avec tant de force les droits légitimes qui lui appartiennent, d'en vouloir priver une partie dv lui-même, et la partie la plus nombreuse? Peut-il y avoir deux mesures, une entrn les privilégiils et les prop1·iétaires roturiens, l'autre entre ces propriétaires cl ceux qui ne le sont pas? N'est-cc pas Hnblir dans la nation un nouuel ordre dans le temps même où l'on se pla10t avec tant de raison des abus attachés à la d1slinction <les trois qui subsistent?• t1vlémoires à consu.lter et consultations sur les Etals du Velay, du Languedoc et d11, Royaume. Délibéré à Paris, le 13 janvier 1ï89. D.'.lns la collection dite Bibliotheque historique de la Rt!volution, vol. XVIII, au British museum à Lond1·es). Et c'est encore un Hébcrtistc, Anacharsis Clootz, qui s'écrie après le 10 aoùt : « Les bornes qui séparaient les prnlétaires <les citoyens actifs disparaissent avec les banieres du Louvre ... Des législateurs scolastiques, des ecclavcs cou1•tisans soutenaient qu'il fallait avoir des propriétés locales pour aimer la patrie. Plus on est pauvre et mieux on sait appréc:ier les droit3 de l'homme.» (Voy. G. Avenel, Anacharsis Clootz, tom. te<, p. 403, 1865). (2) Adresse à mes concitoyens, loc. cit.

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