MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER 623 « Frères! « Le 1 or mai 1890 sera un jour à inscrire en lettres rouges dans l'histoire du mouvement ouvrier. « La résolution adoptée par le Congrès de la fédération américaine du travail de proclamer à cette date la journée de huit heures a été endossée avec enthousiasme par le grand Congrès international du travail tenu à Paris en juillet dernier, et a abouti à un puissnnt mouvement international qui s'est répandu comme un incendie d'un bout à l'autre du monde civilisé. « Des centaines de milliers de travailleurs, en France, en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, etc., se réuniront le 1•• mai pour affirmer la solidarité universelle des travailleurs et leur détermination de poursuivre la lutte jusqu'au bout : Le travail affranchi du. capital et l'abolition de la se,-vitiicledu salariat. « Le 1•• mai 1890 n'est que le précurseur du grand jour de la déclaration de l'indépendance du travail clans le monde entier. « Les socialistes, dans tous les pays, sont à l'avant-garde du mouvement. De mê1ne que leurs grands penseurs, de Louis Blanc à Lassalle, de Robert Owen à Karl Marx, ont été les premiers à discerner la grande mission internationale de la classe ouvrière, appelée à donner à l'humanité son affranchissement économique, sans lequel la liberté politique n'est qu'un leune; de même leurs hommes d'action sont aujourd'hui au premier rang de ceux qui combattent pour la grande victoire, qui, en abolissant la misère, en finira pour toujours avec l'ignorance et l'oppression. « C'est ainsi que, clans presque tous les pays de l'Europe, le mouvement ouvrier ne fait plus qu'un avec le socialisme. En Allemagne, un million et demi de votants ont, il y a quelques semaines, manifesté leur adhésion à ses principes. En France, en Italie, en Espagne, il n'y a pas de mouvement ouvrier en dehors des rangs socialistes. Même dans la vieille Angleterre conservatrice, des hommes comme Williams Morris, John Burns et autres, tous imbus des principes du socialisme, ont maintenant pris la tête du mouvement, et, devant eux, les rares survivants d'une organisation arriérée, qui espéraient encore résoudre le problème du travail sur les bases des relations existantes entre le capital et le travail, sont tombés dans !'insignifiance. « Dans l'état présent du développement industriel, tout mouvement économique qui ne tend pas à l'abolition de l'esclavage du salariat est condamné à l'impuissance et à la défaite. « C'est pourquoi, travailleurs, le Parti soèialiste du travail vous appelle à vous joindre de corps et de cœur le 1••mai aux prolétaires
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