La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

• MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER G21 collègues : « Nous t'aimons beaucoup; mais si le ministère pose la question de confiance, nous voterons contl'c toi. » Après le vote des mameluks de M. Crispi, qui eut 50 voix de majorité sur 508 députés, Costa est parti pour la France et a d~nné sa démission de député. Or, les électeurs de Ravenne viennent de le réélire par 6,899 voix sur 6,957 votants. ESPAGNE La fête du travail. - Le ministre de l'intérieur avait envoyé à tous les gouverneurs des provinces une cil'culaire leur recommandant la tolérance la plus complète pour les manifestations pacifiques <lu 1er mai, mais la répression énergique de toute tentative de désordre. Le 1 cr mai, à Madrid, la pluie a gâté un peu l'éclat <lela manifestation. Mais une réunion de plus de <leuxmille ouvriers a eu lieu au jardin public <leBuen-Retiro. Et si la foule a été arrêtée avant d'arriver aux Cortès, on a reçu la délégation qu'elle envoyait au Parlement, sans lui demander si ses revendications étaient celles d'un « rassemblement ». A Alicante, à Grenade, à Saragosse, à Bilbao, à Séville, à Malaga, à Saint-Sébastien, etc., manifestations du même genre. Des orateurs socialistes, quelques anarchistes et les gouverneurs eux-mêmes adressaient des harangues à la foule, les unes virulentes et énergiques, celles des magistrats recommandant la prudence. A Barcelone, qui voit . ans cesse des manifestations républicaines, la peur régnait à cause des tel'ribles grèves de Barcelone et de Mauresa. l\Ialgré le déplacement extraordinaire de forces militaires, tout s'est passé avec le plus grand calme. Il y a eu partout de très belles démonstrations, mais d'événements graves nulle part. Il n'y avait ni tramways, ni fiacres, ni journaux, ni coiffeurs. Cinq mille ouvriers réclamant la journée de huit heures ont défilé drapeaux rouges en tête. Le 4 mai nouvelle manifestation à Madrid. Après un meeting où les orateurs ont été très violents contre la bourgeoisie, tout en recommandant aux ouvriers le calme et l'ordre, les délégués se sont mis en marche aux acclamations de la foule entassée dans les rues. - Les manifestants, au nombre de vingt mille, se sont rendus par le Prado au palais du président du conseil des ministres. Voici, <l'après le citoyen Iglesias, délégué au Congrès de Paris de 1889, l'accueil fait par le président du conseil à la délégation : « Je m'occuperai, a dit M. Sagasta, de faire entrer dans la législation les

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