LES A~_-\.RCITISTESDE CHICAGO [189 américaine - eut de nobles aspirations; le sang de plusieurs milliers cl'Américains fut versé sm les champs de bataille. La nation honore les noms d'un Lincoln, d'un Sumner, d'un Grant, d'un Hogan. Pourquoi? Pour cette chose même qui, aujourd'hui, est déclarée ~rime de droit commun. Un si grand changement dans un si court espace de temps est bien singulier. Est-ce que la natiou a respecté les droits sacrés de propriété des possesseurs d'esclaves du Sud? Elle s'en estbicn gardée. Dès qu'il fut prouvé que ce drnit de propriété menaçait b paix et le bien-être de la nation, il fut aboli. En sommes-nous réduits à croire, d'après l'arrêt de la Cour, que tous ceux qui (< enseignèrent l'aLolition de ce drnit sacré de propriété », que tous ceux qui '.< mirent leurs actions et leur force » au service de cette abolition sont des criminels? Au sujet des droits de propriété, Herbert Spencer écrit: « Il y a << plusieurs siècles on pouvait inférer de cc qui était que la posses- <r sion de l'homme par l'homme était une possession faite pour être « éternelle. Et pourtant nous voyons que les progrès clc la civilisa- « tion ont détruit la possession de l'homme par l'homme. Sembla- « blement, dans un état de civilisation plus avancé, il pourra se « faire que la possession privée de la terre disparaisse. La primitiYe <( liberté de l'incli,·idu qui existait avant que la guerre eùt étah'i « des institutions coercitives et l'esclavage personnel commence à (< reveni1· à mesure que décline le militarisme. De même, il semble « possible que la primitive possession de la terre par la commu- <c nauté qui devint en grande partie et même totalement propriété « privée, par suite des développements des institutions coercitives, « reYienne à mesure que se développera l'industrialisme. >) Touchant l'origine de ce droit sacré de propriété, le même penseur écrit: « La gucrl'e, en produisant d'une part la difîérenciation « des classes dans l'enceinte de chaque société, d'autre part la suh- « jugation d'une société par une autre, mine en dessous ou détruit « la propriété commune de la tel're et y substitue la propriété illé- <, gitimc et sans fondement moral du conquérant ». Puisque des juges de Chicago, du haut de leur fauteuil, se mêlent de prononcer sur des questions scientifiques, ils pourraient au moins accorder un tabouret à Herbert Spencer. * * * « Salus reipublicre suprema lex: esto » (que le bien de la communauté soit la loi suprême). Tel est le principe mis en avant par la loi romaine. Lorsque les nobles et les princes du moyen âge volèrent la propriété commune, leur droit était fondé sur le bien public.
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