UN PROJET DE HACHAT EN 1850 560 UNPROJEDTERACHAETN1850( 1 ) Le peuple souverain a le ùevoir absolu <lepoursuivre la réalisation du droit au travail, au crédit, à la fonction, par tous les moyens que la science lui découvrira progressivement comme les meilleurs, comme les plus propres à atteindre ce but, sans forfaire aux principes de liberté, d'égalité et de fratemité. Or, en attendant que la spontanéité collective dise quels sont ces moyens meilleurs, nous continuerons d'indiquer, sous forme d'hypothèses, les combinaisons ou les expédients divers qu'on pourrait proposer successivement, selon le degré que marquerait le thermomètre du radicalisme national. Suivant nous, les données qui doivent permettre au souverain de dégager la véritable inconnue ne sont pas douteuses: Universaliser la propriété, multiplier les propriétaires par des moyens tellement larges et efficaces qu'ils ne laissent aucun droit méconnu, en dehors de leur action ; voilà Tunique recherche et l'unique but que doive se proposer l'Assemblée constituante ou de revision d'une république démocratique ou sociale. Il faut rendre tout le monde propriétaire, non pas dans 50 ou 100, ou 1000 ans, mais dès l'instant et par un seul décret. Il n'est pour cela qu'un expédient: c'est <l'abolit· le crédit privé, la possession solitaire et arbitraire des instruments de production et la concurrence. Oui, dès demain, si le souverain comprenait son devoir et son intérêt, il ferait que tout homme ayant la moralité du travail, pût obtenir, conserver, non pas absolument la propriété d'un capital, d'un instmment de production, mais la garantie du travail selon son aptitude relative; et par le travail, l'épargne, le bien-être, la retraite, enfin la sécurité pour lui et ses enfants : il ferait que pour vivre et pour faire vivre sa famille, il suffit à chacun de se soumettre aux conditions communes de travail et de bonne vie. En conséquence, c'est au centre même des foyers actuels de l'in- (1) Ces lignes du premier en date des théoriciens du collectivisme, rcflctcnt • dans leur ensemble, les idées qui prévalurent dans la célel.J1·e commission ouoriëre du Luxembourg, présidée par Louis Blanc et Albert, et dont C. Peequeur et F. Yidal furent les secrétaires-rédacteurs. (La Rédaction.) 37
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