La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

5:?8 L.\ HEYCE SOCI.\LISTE « Cc n'est ni ~Iarx, ni Lassalle, ni Bebel qui on suggéré le socialisme à la classe ouvrière. Ce mouvement est né naturellement du dc.'.·vcloppemcntindustriel de la Yapeur. Les grandes fabriques ont tué les pciiis ::ticliers; l'ou vricr ne peut plus travailler chez lui et pour son compte; il subit le salaire, mesuré ùe manière il ne lui procurer r1uc les chose:-; nécessaires à son existence. Le travail de l'ouvrier n'enrichit que le patron. On comprend donc forL hicn <1ue l'ounier chcn;hc à sortir de cette situation et soupir<· après un système <'·conomiquc<1uilui permette d'acquérir l'aisance à :-;on tour. » Voilà, cc semble, une bonne justification des rcven<lications :-;ocialisl<'s. l linzpclcr en conclut <1ucle monarque prns:;icn n'a aucun intérêt il soutenir le système capitaliste de la classe bourgeoise, mai-; doit, de préf<'Tence, se mettre avec le peuple, attendu, dit textucllerneni le professeur allemand, <1ucle soc1ali--111cqui réclame rp1r l'inùus(ric mécanique soit confiée à la collectivité des it·availleurs, est incontestablcnwnt le systèrnr économique de l'avenir. Cela, c'est du Lassalle pur. llinzpetcr continue: (< Dans plusieurs pa:,;s de l'Eurnpc s'est déjà accompli un grand fait socialiste : rexploitation c.lcs chemins de fer par l"Etal. Cette réforme !,'est effectuée sans difficulté, sans avoir jc1é aucun trouble dans Ja société. Seulement, l'Etat n'exploite pas pour l<'s ouvriers, mais pour lui-même. Il fait du ociali:Sllll' (iscal. :-:,apens<.'·en'est pas, en [ll'ernie1·lieu, de procmcl', nvcc les bénéfices, une aisance relati ,·c ,\ ses ouvriers, mais il songe, avant tout, it gl'Ossir ses excécJcnts. 11en est de même dans le sen·icc de la poste. On ne ,·oit pas tiue l'l·:Lat paye mieux ses irarnillcurs que l'industrie privée. « Le socialisme ne saurait plu,; être étouffé; nous le verrons gr:111dir d'année en année; toute la jeunesse ouvrière lui appartient. » 1\ près avoir ainsi exposé la situation et s'êfre plaint de ce que les socialistes ré,·olutionnaires, jusqu'ici, ont été les seuls ù encourager le 1<'.·gitimcinstinct des masses populaires, le maitre ès ~icnccs sociales du jeune empereur pose en fait que« le parti de l'ordre qui uùmetira le socialisme économir1ue dans son prog1·ammc, est <.:Prtain de <luminer en Allemagne >1. Voi(;i, maintenant, le paragraphe terminal de cette instructive inlerl'ie11• : « J l faut donc, pour réconcilier l'oun·ier avec la société, socialiser l'industrie des mines, des chemins de fct·, celle de la métallurgie, de la Jilaturc, enfin toutes les grandes indm,tries modernes. C'est pourq 11oinous allons organiser ici le socialisme monarchiste que vous allez voir apparaitre prochainement et dont le succès ne saurait être mi:; en doute. )) ~ous ne voulons pas rechercher, à cette place, si le socialisme, armé de ses première:; et fondamentales réalisations, ne prendrait

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