MOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L'ÉTRANGER ~8ï La Société a pout· but de défendre et de propager le principe de l'indépendance des nations et de la justice internationale, principe dont la consécration pratique se trouve dans la substitution de la procédure impartiale de l'arbitrage et de toutes les voies conventionnelles et juridiques aux aveugles solutions de la guerre. Elle s'efforce, en somme, d'établir avec les sociétés similaires de l'étranger, notamment avec la Société italienne cle paix el cl'm·biti-age, les relations qui pourraient conduire au but commun de la paix par le respect du droit. Lorsque l'incident anglo-portugais a récemment surgi, la Société française a adressé un appel aux puissances signataires du traité de Berlin. A une autre époque, les gouvernements auraient ri de cette intervention; cette fois, toutes les puissances, sauf la Russie et la Turquie, répondirent en termes fort sympathiques. D'autre part, le Storlhing de Suède et Norwègc, sollicité par la Société, vient de Yoter, en assemblée plénière, une adres::;e au roi, pour lui demander que tous les différends à l'aYcnir soient réglés par la voie pacifique de l'arbitrage. A la même adresse, le député espagnol, M. Caslelm·, a répondu par ces belles paroles: « C'est en des jours comme celui-ci, que se réalisent les promesses de l'l~vangile, et que nous voyons s'accomplir des choses impossibles; cc sont lù les pàques démocratiques de la vieille Europe, grâce auxquelles nous aurons désormais raison de la guerre, comme nous avons eu raison de l'intolérance et de l'esclavage. » Au surplus, voici un passage du discours où i\I. Frédéric Passy retraçait les progrès accomplis : Qu'est-cc doue que l'arbitrag~? C'est l'applicaLion aux naLions, personnalités collectives de la règle uui,·cr ellcmcnt !'econnuc à. l'égard de leurs membres, personnalité ioadmiss1ble pat· l'humaniLé tout enLièrc, à saYoir qu'un ne doit point se faire justice soi-mt'mc et que la force oc peuL i"'Lrele juge du droit entre les hommes malgré les p1·étcntions qu'elle peut arnir de les primer. C'est uu rêve, mais pou1· le réali,;c1·, nous :wons deux alliées puissantes, la science et l'industrie, qui ont besoin de la paix féconde .. \près a,·oir été h,q1notiséc par la guerre, la c1vilisatio11motlernc sera hypuoti,;éc par l'idée de la paix dans la jus Lice eL de la réhabiliLation de l'Europe demut la postérité. A1·bifretge et désarmement. - Dans le même ordre d'idées, M. Antide Boyer, député de i\Iarseille et directeur du journal socialiste quotidien le Com,blit, vient de présenter à la Chambre le projet suivant: l\Icssieurs, Depuis quelque temps, les grandes quesLions· sociales, et surtout celles d'ordre iolcroaLiooal, prèoccupeot vivement l'opinion publique. Tel projet qui, autrefois, était considéré comme utopique, s'impose aujour-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==