LES ANARCHISTES DE CHICAGO 347 On nous accuse - nous huit qui sommes ici - de constituer une « Conspiration ». Comment l'entendez-vous? Voici Lingg, je l'ai YU en tout deux foü;, au meeting de la 4' Central-Labor-Union » où j'étais comme 1·eporter. Il y a au moins un an que je n'ai parlé à Engel Foscher, que vous représentez comme mon lieutenant, qui faisait d'ordinairn des conférences contradictoires et pal'lait contre moi dans les meetings. Mais en Yoilà assez sue cette accusation ridicule. « Lorsqu'une longue et ininterrompue série ,l'abus et d'usurpations, poursuiYant inYariablement le mème but manifeste de la part du gouvernement le dessein formel de réduire le peuple à un esclavage absolu, c'est le droit du peuple, c'est son devoir de renverser un tel gouvernement et <lepourvoit· à son salut à veni1· par une réyolution. » C'est bien sur une telle déclaration, u'cst-il pas vrai, que YOusnous condamnez a mort. Eh bien! c'est une citation de la Décla1·ation d'indépendance. Nous arnns donc Yiolé la loi en montrant au peuple comment los abus, qui se poursuivent depuis les vingt dernièrns années, ont inYariaùlement tendu à un même but : établir ,lans cc pays une oligarchie telle qu'il n'en fut jamais de plus forte, de plus puissante, de plus monstl'ueuse en aucun pays? Je vois bien pourquoi cet homme, Grinnel, a soigneusement évité de nous faire charger par le grand jury» du crime de « trahison ». Il a préféré« meurh'e u. En effet comment accuser et convaincre de « trahison » des hommes qui défendent la constitution contre ceux qui tentent ùe la foule1·aux pieds? Eh! M. Grinnel, te meurtre i> est plus commode. Le tour est plus facilernentjoué. Et maintenant, les idées quo je viens de défendre ici sont los miennes. Elles forment une partie de moi même, je ne puis les quitte1-, comme on met bas un vêtement. Le pourrais-je que je ne le voudrais pas. Et vous pensez pouvoit· vous débal'rasser de ces idées qui gagnent du terrain de jour en jour en nous envoyant à la potence. Si une bonne fois pour toutes vous avez décidé que dire la vérité mérite la mort - et je vous mets au défi de montrer qu'il y ait dans co que nous avons dit la moindre parcelle de mensonge - si l'hommage rendu à la vfrité est un crime capital, eh bien I pour cher qu'en soit le prix, nous le paierons. Nous .r mettons notre orgueil et nous vous défions dans la mort. Appelez votre bourreau I La vérité crucifiée en Socrate, en Christ, en Giordano Bruno, en Huss, en Galilée vit encore. Bien d'autres avec eux, dont le nombre est légion - nous ont préc6dés dans cette voie. Nous voilà prêts à les suivre. Traduct-ion de PAUL BUQUET.
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