LE PEUPL_E nussi;; ET SON GOUVEflNEl\IENT 105 nationale peo-visoire un Y Ote consultati"f, sinon legislatif, ,lans les affaires de l'empire; mais le plus gt·and nombre pense, a:rec eaison. qu'un Yotc consultatif ne senirait à rien. On en a la preuye éYidente clans le conseil de l'empire lui-même: le tsar goumct toutes les décisions importantes à ce conseil, nommé par lui, et composé deg mini tres, tles membres de la famille impériale et. de hauts fonctionnaires, gom-erneurs, génèeaux, etc. Sonrnnt le conseil de l'empit·e se prononce à une tL·èsforte maj0t·ité, <1uelquefois à l'unanimité pour ou cont1·e telle mesuec proposée pat· un des ministres, et cela n·empêche pas le tsal' de la r·cjctei· ou de la ratifier quaucl même! Tel a été le cas par exemple cle la nournlle loi, abgolument draconienne, sur l'ingtruction publique, imaginée par le ministre 1'olstoï, qui était, aycc M. Pobéclonostzc(, l'incarnation cle cc quïl y a de plus réactionnaire en Russie; tel sera, sans doute, également, le cas de la réfo1·mc nettement l'étrogra,le deg zcmstrns, de ces états proYinciaux qui ont i bien rnér·ité de la patl'ic. Cette r·éfol'lne a été proposée par le même Tolstoï; le conseil clel'empire l'a non seulement rejetée à une trèg forte rnajur·ité, mais il n'a pas rnèmc youl11 la discuter : le tsar a 01·1101111(• qu'on l'n examiJUli t1uaud mème les aeticlcs. On prérnit où cela mène1·a; l'existence même de cctto institution, la plus bjenfaisante que la Russie possède, est menacée, car la « réforme doit consislm· surtout à. enleŒr aux paysans le droit de siéger dans les zemstYos, cc <1nie::;tabsolument confraire à l'intét'êt national et à l'esp1·it d'équité dont tontes les classes ont fait p1·cuye » (1). Si le tsar tt·aite ainsi un conseil qu'il nomme luimême, que sera-ce quand un tel conseil érnanc1·a du choix de la nation'? Ainsi, le Yote doit èt1·elégislatif ou ne pas êtt-o. En outre, beaucoup de Russes pe_nsentque, YU l'immensité même de l'empil'e et la <fo-el'~itérle climats, do cultul'es, d'indust1·ies, de races, de langues mème deg <lifférontcs provinces, il yaudrait mieux (1) Depuis, Tolstoï est mort; on espérait en Russie que son projet sernit enterr6 avec lui; il n'en a rien été; ma prévision s'est accomplie, hélas : le tsar a de nouveau insisté sur le projet en question, et, bien que celui-ci, au <lire des journaux allem:i.n<ls,n'ait lrouv6 au sein du Conseil de l'e.mpüc qu'un seul défenseul', M. Uurnowo, le successeur· du lenible ministre, on parait décido à. l'appliquer à l'essai dans huit provinces. De plus, sur l'initiative et le désil' explicite du tsar, on se prépare à supprimer les juges de paix électifs, èont le pays n'a eu qu'à se louer à tous égards, pou1·les rem_placcr 1:ar un emp~oyé c!c l'Etat, réunissant dans sa personne la double foncnnn de Juge et de Juge d'instruction! Le but de tout cela est évident : détruire toutes les institutions libérnles du règne précéùcnt, étouffe1· partout _l'él~me1~t_électif, ra~ener toute_l'allmiuistr:i.- tion sous la férule des fonctionnaires 1mper1aux. Ov. sait, en Russie, cc que cela veut <lire; on le sait si bieu que le cons.cil mGme de l'empire, elfl'ay6 <le cc retour aux temps de Nicolas, fait ce ~u'il peut po~~· eDl::iy~r.le rnouvc111eut rétrograde que le tsar s'efforce <l'imprimer a la politique mtene111·du pays.
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