154 LA REVUE SOCIALISTE en s'organisant sociétairement dans le but de s'emparer du pouvoir politique, point de départ d'une organisation sociale dans laquelle chaque travailleur jouira du produit intégral de son travail. Moins dogmatiques, moins précis, les considérants du parti ouvrier suisse n'en sont pas moins dans la donnée réaliste courante. La Fédération des travailleurs en Suisse s'efforcera, d'accord avec les ouvriers des autres pays, d'arriver à l'abolition de tous les privilèges et à la réalisation d'une existence humaine pour tous, à l'établissement d'un état où tous travaillent pour la collectivité. Ceci étant impossible aussi longtemps qu'une partie des hommes seulement dispose de toutes les propriétés et que l'autre partie est complètement privée de toute possession, par conséquent maintenue dans l'esclavage par la classe possédante, la Fédération des travailleurs en Suisse virnra à l'abolition de toute propriétô individuelle et à la revendication de tous les moyens de travail pour tous. Toute propriété, toute jouissance, tout progrès n'étant que le produit du travail, personne n'étant autorisé à dérober son prochain de ses produits, l'ouvrier doit avoü· la valeu1· intégrale de son travail. Nul ne JJOuvant apporter la moindre des choses dans le monde, nul n'en pouvant emporter rien, tous sont égaux dès leur naissance. La communauté doit procurer à chacun les moyens d'arriver au plus haut degrô d'instruction possible. Chacun doit travailler de toutes ses forces pour la généraliser et, après sa mort, tou!l ses produits seront la propriété de tous . .Les considérants du parti ouvrier socialiste belge sont également ce qu'il y a de plus orthodoxe; il y a similitude jusque dans la terminologie: Le trauail est la source principale de toute richesse et de toute culture intellectuelle et matérielle du peuple, et vu que le travail d'une utilité générale 11'estpossible que par la société (ce mot pris dans le sens de la collectivité de tous les individus d'uo état ou d'une nation), le produit du travail tout entier appartient à la société, c'est-à-dire à tous ses membres, sous la condition qu'à chacun incombe le devoir du tra"Vail; de même que chacun a droit à ce dont il a raisonnablement besoin. Dans la société actuelle, tout le pouvoir est conféré au monopole des capitaux; les plus beaux fruits du travail reviennent au riche qui cependant n·est pas producteur. La dépendance de la classe ouvrière, qui en résulte, est cause de toutes les formes de misère, d'esclavage et d'oppression. L'11ffranchissementdu travail exige la conversion des instruments de travail conformément à l'utilité générale, ainsi que la distribution équitable des produits du travail. L'affranchissement du travail doit être l'œuvre de la classe ouvrière ellemême, attendu que les autres classes ne sauraient concourir sérieusement à ce progrès ... CONSIDÉRANTS DU PARTI OUVRIER SOCIALISTE DANOIS : Nous voulons l'émancipation de la classe, ouvrière, l'abolition du salariat et du système de production capitaliste qu'il entraîne, pour lui substituer le système de production en commun, organisé par la société, qui garantira à tout travailleur le produit intégral de son travail. .. Nos réclamations immédiates sont les suivantes.,.
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