La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

152 LA ~EVUE SOCIALISTE ensuite, l'Internationale se désagrégea, au moment de sa sou,laine expansion. Toutefois, ce ne fut qu'une transformation. En montrant jusqu'où pouvait aller la haine <lesclasses, la répression versaillaise avait porté un coup terl'ible à l'idéalisme dans le cœur ulcéré des prolétaires. Aussi dans les Partis ouvriers qui succédèrent à l' Internationale, le matérialisme historique et économique de récole marxiste triompha-t-il sans contestation déso1·mais. Les considérants du parti socialiste allemand inaugurèrent la nouvelle phase théorique, avec toute la précision désirable. Considérant, est-il dit dans le programme unioniste de Gotha, encore en vigueur, considérant que le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation, et attendu que le travail utile n'est possible que par la société, le produit du travail tout entier appartient à la société, c'est-à-dire tous ses membres, sous la condition qu'à chacun incombe le devoir du travail. Dans la société actuelle tous les moyens ou instruments de travail (Arbeitsmittel) ont été monopolisés par la classe capitaliste; de là, la dépendance de la classe ouvrière, la cause de toute misère et de tout esclavage ... Pour émanciper le travail, il faut que les moyens ou instruments de travai deviennent la propriété commune de la société. Le parti ouvrier socialiste de l'Allemagne demande comme de réalis.1tion immédiate et rossible même au sein de la société actuelle ... Ce fut une sorte de thème, que paraphrasèeent i11Yariablement tous les'partis ouvriers qui s'organisèrent dans la suite. CONSIDÉRANT DU PARTI OUVRIER SOCIALISTE HONGROIS La terre est la mère, le travail le pè1·e de tous les produits matériels et intellectuels; tous deux sont donc la source de toutes richesses, de toute production. Tant que le sol et les instruments de travail appartiendront à une minorité, toute culture et toute augmentation de richesse ne profitera qu'à cette minorité qui restera maitresse de l'autre partie de la Société, du peuple non possédant. Les propriétaires des instruments de travail, les possesseurs du sol et du capitalistes sont de plus, par leur situation éconornique, les détenteurs du pouvoi1·politique. La division de la société en possédants et non-possédants, en riches et pauvres, en dominants et dominés, n'est pas dan~ la nature des choses. C'est un résultat social. La nature n'a point mis les instruments de richesses entre les mains de quelques-uns et condamné les autres au rôle de machines destinées à procurer toutes les jouissances de la vie aux oisifs par sa force-travail. L'inégalité monstrueuse qui règne dans la société humaine est donc l'œuvre de l'homme et tout ce qui est le fait de l'homme peut être changé et perfectionné. En outre, considérant qu'aucun parti appartenant aux classes dominantes ne représente les intérêts du peuple des travailleurs, Considérant que la minorité concentre de plus en plus entre ses mains inactives la terre et tontes les sources de production, et qu'il résulte pour la majorité l'impossibilité absolue de s'affranchir de la domination économique et politique qui l'opprime ...

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==