La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE !IIOUVEMENT SOCIAL EN FRANCE ET A L1ÉT!1ANGEJ-\ 111 l'énergie de leurs réclamations. Autant de mécontent!:,, autant Jl~ futurs électeurs socialistes. Au nombre des candidats proposés par le parti socialiste pont· les prochaines élections au Reichstag, on compte : 12 menuisiers, 10 serruriers, 10 mécaniciens, 8 typographes, 8 publicistes, 6 cordonniers, 6 négociants, 4 ou ,Tiers cigal'iet·s, 5 fabricants de ciµ:at·cs, 3 hôteliers, 3 maçons, 3 modeleurs, 2 doreurs, Z pharmaciens, 2 tourneur:,; et 3t autres cand irlats do professions diverses. Il a été constitué un comité électo1·al renL1'al qui dil'igera toutes les opérations. La période élccto1·ale s'est ouverte à la Noël. Les députés Bebel, Liebknecht, Sing-t't', U1·illenbergor et Meist font partie de co comité qui a des pouYoi,·s t1·ès étenclus. LE PI\OGFJS o'l<}LBEIIFELD. - Ce [)l'(H.lèS inü•nte a 80 1:-ocialisLl'S a èté fécond en 1•éyélalions et en discoun; ciui sc1·yi1·011dLo mo,reus d'agitation et <le propagande et gal-{ne1'ont a la en.use socialiste ll's classes ouvrières de \Vestphalie et <lela valh.'e do la Wupper·. Chaque jour amenait la divul~at10n d'un fait nouveau. Uu jour on a appris qu'un accu"é du nom <leRœllingdr·of, qui se donnait comme un propagancliste ardent, n'était qu'un vulgaire et ignoble mouchard. - A une autre audience. nu témoin, négociant à Elberfeld, cité par la défense des p1·éYem1socialistes, <léclat,t savoi1· que le témoin a chai·g-e \Vobo1· était aµ;ont sala.l'ié [HU' la police, bil'n ltu'il fit pal'tie des socialistes cle la ,·ille. Le prési<knt fit entt·m· Weber et lui demanda, sous la foi ,lu sel'ment, quels (•Laient ses rapports avec la police. Weber refu:;;ant de pri'•te1· le se1·ment, le président lui annonça qu'il le ferait al'rèlel'. C'est alo1·s que Webe1· se décida a parler. Les aveux du porsonnage sont à l'etenir: il déclara qu'il aYait été engagé par le commissafro de police WilsiJ1g·, pom· distribuer des écrits socialistes, et qu'il anit réussi à <.">tl·e considéré comme un des plus ar<lenls pai-tisans du soQialisme it Elberfehl. Il était entré au senice de la police, (orcé l'l contraint pa1· le commissaire, qui avait pouvoir su,· lui, à cause de sa situation de famille. - Une autre fois on lut une lettre du bourgmestre d"Elberfeld au commissait·e de police, interdisant à ce fonctiounail·e <le répondre, en qualité de témoin, aux questions qui pourraient lui être adressées sut· les pe1·sonnes payées pour leurs • indications n ou leurs « provocatious • Les débats établissent donc à l'évidence les odieuses machinations du pouvoir et. l'incroyable audace <les agents qui se glissent dans tous les partis socialistes du monde. - Plusieurs ùe ces misérables ont été apostrophés en pleine auùieucc par le procn1·eur général qui s'est écrié: « Vos témoigpagcs ne compromettent pas seulement la police d'Elberfeld, mais toute la Monarchie. » Nous en acceptons l'augure.

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