LE l\lOUVEl\lENT ~OCIAL EN FRA?\CE ET A L'ÉTRANGER 100 Plus des trois quarts des grèves ont duré moins de Yingt jout·s. On en cite cependant une qui a duré quinze mois, c'est celle des selliers, à Paris, en 1877. Le nombre moyen iles grévistes par grève est de 323. Les plu~ grosses qui aient.été signalées ont été de20.000 ouniers menuisiers, à Paris, en 1879, et 10,150 mineurs, à Anzin, en 1884. Sur 629 grèves dont on a pu connaître à la fois la clm·éeet le nombre des gréYistes, il y a em·iron 5,500,000 juumées de tranil abandonnées pai- les om-riers, soit 8,700 par miité de grève. Pam1i les industries où le· grèYes sont les plus fréquentes, ou peut citer les textiles (39 p. c.), les industries minél'ales métallurgiques (17 p. c.), bâtiment ~t ameublement (15 p. c.),cuirs et peaux. (6 p. c.). Sur 753 grèYes dont les résultats ont été connus, 206 ont eu une issue favo1·ablepour les ouvriers, 120 ont abouti à une ti·ansaction, et 427, soit 57 p. c. ont échoué. La statistique officielle ne dit pas si ùans les p1·incipales geèyes, les ouvriers étaient organises ou non; c'eût été poul'lant très intéressant à connaître. Il eût été excellent aus&ide dl'e ser un tableau où l'on aurait indiqué, en regard de la réussite ou ùe la non-réussite de chaque grève, la cause pour laquelle elle a été entreprise. On aurait pu ainsi Yérifier de visu si les lois induites par Fréclét·ic Harrisson des mouvements grévistes de l'Angleterre, se Yérifiaient aussi en France. UN CONGRÈS FHANCO-ITALIEN. -Le comité qui a pris l'initiatiYe d'un congrès franco-italien à Cannes, publie un appel dont nous extrayons les passages suiYants : Citoyens, En face des gigantesques appareils de guer:·e des nations, des épouvantables moyens de destruction humaine que pos~èdent les gouvernements, et qu'ils peuvent, - presque, selon leur caprice, - diriger contrn les peuples; en face, surtout, des continuels agissements offensifs et des dangereuses menées de la Triple Alliance, beaucoup de démocrates français et italiens se sont unis et out créé un grand courant des peuples contre les rois. li faut, maintenant, organiser les forces de ce grand courant internationaliste qui veut témoigner son existence au monde en scellant l'union des peuples italien et français. La paix est la principale condition du développement des nations et de la civilisation, de l'améliol'ation morale et sociale de l'humanité. Vu l'état social actuel, elle seule nous permet <l'espérer la réduction, puis la suppression des armées permanentes, l'accomplissement des réformes économiques, une meilleure répartition des riches:1es sociales. C'est dans cette intention, et pour jete:- les bases d'une puissante Ligue de la paix, que les groupes et cercles politiques de Cannes, Toulon, Nice, Grnsse, Vallauris, le Cannet, que les groupes de la Fédération des peuples du littoral, 4ue la Ligue franco-italienne de Touluo, orgauise~1t un Congrès franco-italien •
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==