La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

7ô LA REVUE SOCIALISTE LE SOClAL[SlIEEN ROUMANIE Comme la plupart <lesplus jeunes nations européennes, la Roumanie doit son réYeil politique a la réYolution de FéYrier et. son réYeil social a la Commune de Paris. Toutefois, le libéralisme et le socialisme roumains ~e recommandent d'une brillante affirmation 1•éyolutionnaire anté1°ieure qu'il importe de rappele1· tout cl'abord. Peu connu est en Europe, nrn.is illustre sur les bords du Danube est le nom du serdar Théodor<' Vladimil·escu, jeune elle( plébéien tle grand courage et de grande pensée qui, en 1820, rha une Roumanie indépendante et démocratique et tenta de réaliser son rêYe par l'épée et par le sacrifice. Lorsque se leva Vladimirescu, la Roumanie était cléjaen feu. A la tète de ba11desbelliqueuses où dominait l'élément. grec et sous le patronage de l'Hétairie grecque qui préludait alor à l'affranchissement de la terre sainte cl'Atheues, le phana1·iote Ypsilanti luttait contre les Turcs et les ayait souvent Yaincus dans <leb1·illants combats. Mais outre qu'Ypsilanti n'était que l'agent, conscient ou non, de la diplomatie russe, il ne ponYait, en sa qualité <legrec du Phanar, être considéré comme un libérateur par les Roumains. Les Phanariotes étaient exécl'és en Roumanie plus encore que les Turcs, si nous en croyons un historien français auquel nous laisson la 1·esponsabilité de ses ex.pressions. « Désormais, dit Elias Regnault. (1) pal'lant des premieres années <lusiècle, désormais les dépouilles des Roumains yont enrichir l'étrange1·, l'étranger sans patrie, le Grec bàtard qui renie la Grèce, le Grec parasite, le Grœcutus esurieris qui, pour ayoir un nom,,. l'empeunte a un quartier de Constantinople (le Phanar), le rapace, l'arrogant et Yil Phanariote. « Les Hospodars phanariotes opprimèrent et pillerent tant, qu'ils firent regl'ettei' même les brigandages tles pires agents turcs et que plus d'une fois les Roumains réduits au désespoir s'étaient rués sut• les escrocs officiels et leurs ban<les, préférant périr dans un massacre que de s'exténuer sans trève pour engraisser leurs méprisables gouyernants phanariotes. ,. La Turquie avait fini par comprend~e que les excès ,les phana- (1) Elias Regnault : Histoire policique des principautés Danubiennes,

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