LES ANARCHISTES DE CHICAGO 70 mouvement des huit heures. Ce rapport insistait, apl'ès des considérations économiques et morales, acceptées pa1·tous, sur le despotisme exercé par les marchandises sur les hommes et concluait à la rigoureuse limitation légale des heures de travail. En 1880, un comité national des huit hem·es fut organisé. Albet·t R. Parsons en était membre. La tactique changea dès lors. Il était reconnu que ia législation seule, sans une sérieuse !organisation ouvrière, ne pouvait aboutir qu'à une déception. En octobre 1884, la fédération des Unions de métier et de travail des Etats-Unis et du Canada, alors en session à Chicago, décida d'entrer dans une autre yoie : la lutte ouverte, l'ult.imatum armé, en quelque sorte. Au mois de novembre 1885, plusieurs membres du parti ouvrier, parmi lesquels on peut citer Georges A. Schilling,William Gleeson, Joseph Grnenhut. se réunü-ent et 01·ganisèrent « l'Association des huit heures de Chicago. » Ils lancèrent un manifeste, dont Yoici les grandes lignes (1) : 1) La réduction <lesheures <le travail aura pour premier effet <l'atténuer le chômage. Plus d'hommes trnuveront du travail. La compétition des ouYriers sera, sinon supprimée, au moins palliée, ain~i que la dépression des salaires qui en est la suite. 2) La réduction des heures .de trayail diminuera en proportion l'encombrement du marché, la surp1·oduction, le manque de débouchés, ce cheval de bataille de l'économie politique intéressée. 3) La reduction des heures de tt•avail, sans diminution de salaire, puisque le salaire est réduit, par les lois d'airain du travail, au strict nécessaire pour l'entretien des travailleurs, est la conséquence nécessaire et logique de l'ex.tension <lumachinisme. 4) La réduction des heures de travail n'entraîne nullement à sa suite la diminution de la ,Taie richessè sociale. 5)La rédudion des heures de kavail, demandée et exigée n.e rlonnera aucun droit à la police aux ordres <lucapital d'interyenir. Si elle interYient, elle doit être rendue responsable du sang qui coulera. Gràce à l'activité de cette association le mouvement en fayeur des huit heures tleYint.général à Chicago. Il rayonna dans les autres villes. L'assemblée des métiers et du travail posa nettement pour ùut à la carnyane ouvrière, en marche, la coHquèLede::;huit. ltcm·0s. 1.Welança une cil·culaire dont Yoici le résumé : (t) Les détails sont emprnotéa à Dye1· Lum{Histoire t·éaumée du procès des anarchistes de Chicago).
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