LA RÉVISION RATIONNELLE 46(.) 6° Il a enfin une liste civile considérable, de grands frais de voyage, et lorsqu'il ya visiter les départements ou les villes il y est reçu avec la même pompe que l'étaient nos rois. Mais le droit de proroger les Chambres et d'interrompre les travaux législatifs, parfaitement justifiable dans le régime de la souveraineté monarchique, est absolument incompat.ibleav.ecle régime républicain basé sur la souveraineté nationale, il doit.clonede toute nécessité disparaître à la prochaine revision. Il en est à plus forte raison de même du droit de dissoudre la chambre des députés; et la suppression de ce droit pourra se faire sans aucun danger pour l'ordre et pour les libertés, à partir du jour où le renouvellement de la Chambre se fera par tiers ou par quart, et surtout lorsque l'institution du référendum permettra d'annuler toute loi dangereuse votée par le pouvoir législatif. En ce qui concerne la nomination des ministres, le président, .pour faire ces nominations dans l'esprit constitutionnel, doit.choisir ses ministres conformément aux vœux et aux indications des Chambres et surtout de la chambre des députés, et alors pour que ce choix soit toujours fait conformément aux vœux de la Chambre, le moyen le plus sûr, c'est de conférer à la chambre des députés ellemême le choix des ministres ou mieux, à chaque comité spécial de la chambr~ des députés, le choix.de son ministre à la seule condition de le prendre clans le haut personnel de l'exécutif. Quant à cet ensemble de prérogatives toutes royales telles que celles d'une liste civile élevée, dé grands frais de voyages, d'usage des chasses et des châteaux royaux, des visites et des réceptions avec la pompe des anciens rois, il est absolument nécessaire de les supprimer si l'on veut définitivement consolider en France le sentiment républicain, parce qu'elles entretiennent clans le peuple le respect, le culte monarchique qu'il a trop conservé jusqu'ici ; on doit surtout les supprimer, parce qu'elles attisent chez les prétendants et chez les ambitieux l'espmr d'arriver à la royauté ou au césarisme par l'échelon de la présidence, ainsi que nous l'avons vu avec le prince Louis-Napoléon en 1848et que nous le voyons encore aujourd'hui avec le général Boulanger et avec les prétendants ses complices. -Tout cela est très vrai, Charles, mais alors que deviendra la présidence! - Ce qu'elle doit devenir, rien ou presque rien. - Il y a pourtant des circonstances dans lesquelles un homme, un haut fonctionnaire devra personnifier la nation, la représenter, par exemple dans les rapports avec les nations étrangères, avec leurs ambassadeurs, avec leurs souverains même s'ils viennent officiellement en France.
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