LE MOUVEM·ENT SOCIAL EN FRANCE ET A L1ÉTRANGER 347 Messieurs, Mesdames, Mesdemoiselles, Je me vois obligée ,je l'avouer, je suis émue autant qu'heureuse d'av oir à prendre, en ce moment, la parole au milieu de vous: -- émue car je v oudrais vous dire de ces choses bonnes à garde1·.en la mémoire, toujours, et je ne suis par sûre d'y réussir; heureuse, parce que je lis, sur vos physionomies c onfiantes une sympathie qui n'est qu·un retour, d'ailleurs, et que je ne crains pas de formule1· ainsi: « Veus vous intéressez à nous, vous nous aimez, nous le savons. Pour cette raison, ce que vous avez à nous dire ne saurait nous être indifférent. N'hésitez pas. Parlez! » Eh b:en ! J'obéis et je parle ... Et je viens vous prier, l\1esdemoisP.lle s, de vouloir, avec moi porter votre regard autour de vous, mais en élargissa nt de proche en proche votre cercle d'horizon; en l'élargissant si fort et si bie n que, d'un coup d'œil, vous embrassiez tous ces mondes qui const,ituent l'univ ers et dont vous devez, à vos maitresses et à vos maitres, de connaitre l'existence et les lois. En regardant longtemps, en y réfléchissant un peu, que découvr ons- nous? Partout, l'activité, le mouvement, c'est-à-dire la vie ; partout la même grande loi d'attraction, je pourrais dire d'amout·, conviant toute cette ac tivité, tout ce mouvement à un même but final: l'harmonie universelle. 01·, c•e~t un fait 1·eco11uu,les mê1nes lois qui rJgissent la formation et le développement des mondes régissent la formation et le développ ement des sociétés et ce que vous constatez dans le grand Uni vers, vous de vez le retrouver et vous le retrouvez dans ce petit univers qui s'appelle l'Ecole ,uotre école, .Mesdemoiselles. Et, à ce propos, laissez-moi, ici, vous faire une confie\ence: en vous voyant, comrue il m'est arrivé souvent, stuclieuses à votl'e banc ou, mieux e ncore, rieuses sous les frais ombrages que nous valent le printemps et l'été, je me suis quelquefois fait cette réflexion : heut'euses, elles le sont, ,certes! Leu1· visage en témoigne; mais, savent-elled comment et pou1·quoi elles sout heu- reuse:1 î c· était <.lemander beaucoup de pbilosophie à de bien jeunes ic,telligeuces, µ'est-il pas vrai~ Aussi, 11i-je gardé tri petto ma réflexion, quitte à saisir plus tard l'occasion de.rechercher avec vous la solution de ce prub lème. Cette occasion ne s'est pas fait attendre, je clois le rec'lnnaitre. Ainsi don1.:,dans votre écolo, Mesdemoiselles, vous avez trouve !"activ ité, coudition expresse de toute vie ; vous avez trouvé le trnvail sous sa forme attrayante et Î-'ositive; vous avez trouvé le juste, le vrai,non plus pré:1enté s sous d'abstraites formules mais enseignés simplement, flar la forre de r exemple ; vous avez trouvé la libre expansion qui fait les e$prits originaux, seuls capables d'ajouter a l'appoint intellectuel de l'humanité; VJUs avez t1·ouvé, entre maitresses et éleve::1, cet écban~e touchant d'etforts indispensables à leur commun progrès; vous avez trouvé, enfiù, dans 1otre bonne JÎl'ectrice, un es- prit écliliré qui a i,ensé que, dans l'école, comme dans la famille, comme dan, la nation, il faut no11une hiérarchie mai~ une harmonie et qui a su fa ire de cet idéal une réahtt!l. Hi voilà pourquoi vous êtes heureuses, )1 esdemoiselles, voilà pourquoi si vous 11a.ve1 profiter des leçons du pre11ent,vous serez heureu.es dans l'avenir et, point etsentiel, vous ferez, autour Je vous, des heureux et des he1,1euee s. N'est-ce poiut uu rôle séduisant et qui médte qu'on le caresse?
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