LA REVUE SOCIALISTE Fédération portugaise de la grande Association compta plus de vingtcinq mille adhérents et eut trois organes prospères : 0 Clamur do Povo (le Cri du Peuple), A Tribuna (la Tribune) et O Journal do Trabalho (le Journal du Travail). Après l'imposant Congrès ouvrier de Lisbonne (1875), où fut voté le premier programme réformiste et collectiviste du Parti ouvrier socialiste portugais, les trois organes précités furent remplacés par 0 Protesta (la Protestation) de Lisbonne et O Operario (l' Ouvrier) de Porto, ce dernier rédigé par Joâo Ricardo, ouvrier cordonnier, l'un des écriYains les plus sympathiques et les mieux doués du prolétariat socialiste portugais. Plus tard, ces deux derniers journaux fusionnèrent sous le titre de O Protesta operario, qui devint ainsi l'organe officiel du parti. En dépit de quelques tentatives de socialistes anarchistes, le parti ouvrier portugais, qui s·est affirmé à plusieurs reprises par des grèves colossales, par sa participation à la puissante agitation républicaine et par ses congrès annuels, s'est maintenu, sans divisions intestines, dans la direction réformiste et collectiviste que lui avait imprimée ses fondateurs. Mais il est resté très ferme également sur le principe de la lutte des classes. <J·estau Congrès de Lisbonne (1878)que fut largemen-t;et décisivement discutée la ligne de conduite du parti, en face des nécessités politiques actuelles et des partis bourgeois. Pour plus ample informé sur ce point, je traduis littéralement du compte rendu officiel, publié dans O Protesta, les lignes explicatives suivantes : « La question de l'abstention fut dûment envisagée; on vota à l'unanimité que le parti socialiste ne devait jamais s'abstenir dans la lutte électorale. « La vieille question de la transigeance fit l'objet d'une grande discussion dans le Congrès; elle donna lieu à d'intéressants débats qui ont démontré une fois de !plus combien tous les membres du parti sont décidés à ne pas transiger avec les partis politiques bourgeois ... « Ce fut une·désillusion pour ceux qui répandaient le bruit que le parti sacrifiait ce principe immuable que : l'émancipation des travailleurs doit étre l'œuvre propre des travailleurs eux-mêmes! « Le parti ouvrier socialiste portugais a prouvé, encore une fois, que jamais il ne consentira à transiger avec des partis où la B01-~,rgeoisie forme l'élément princ/pal. « A la fin du Congrès, une Commission fut nommée pour procéder à la revision des statuts, mesure de grande nécessité et fortement conseillée par la pratique ... » En outre. pour affirmer pleinement son internationalisme, le
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==