ÉTIENNE DOLET Tant c·élébrer, tant orner par escripts, Que l'estrangier n'aura plus à mespris Le nom Françoys : et bien moins nostre langue, Laquelle on tient pauvre en toute harengue » Il montre au roy, dans un langage énergique, indépendant et vraimeut patriotique, les conséquences funestes pouP lui et pou1·la France de la voie clan. laquelle on cherche à l'engager : « 11n'est pas temps, ores, que tu t'endormes, Roy nompareil, des vertueux le père : Entends-tu point au vray, quel vitupere Ces enne,oys de vertu te pourchassent, Quand les scauantz de ton royaume ilz chassc!lt, Ou les chasser à tout le moins prétendent 1 Certes (grand Roy) ces malheureux entendent l)'anihile1· devant ta propre face, Et toy vivant, la biooheureuse race, Des vertueux, des lettres et lettrez, Qui soubs ton règne en Fl'anee sont entrez . Si ta prudence a ce ne remedie, Tu le v0ys bien, point ne fault que ie die. Et le fait au sujet duquel on le poursuit, est-il prouvé? A-t-on fait une enquête sérieuse? ..... : « ie suis seur que si on prend garde (Qui est le poinct où le plus on regarde En tel affaire) au billet de voicture. On ne dira que c'est mon escripture : Pas ne dira aussi le voicturier (Si véritable il est, et droicturier) Qu'il ayt repceu de moy, balle, ou ballette, Dont à grand tort si tres mal on me traicte. » A côté de ce fait, y a-t-il des motifs dans son existence qui prêtent à une arrestation, a une comparution en justice? Il s'examine et n'en trouve aucun. • Dolet ne se faisait pas d'illusion sur la gravité de sa situation. Pour rendre plus efficace la touchante requête a François rer, dont nous venons de citer des extraits, il fit appel a la bienveillance du « Très illustre prince, Monseigneur le duc d'Orléans»; puis, au « Cardinal de Lorraine»; enfin« A la duchesse d'Etarnpe~ », pou1· qu'elle requière le noble roi de France « Que son plaisir soit de me rebaille!\ En son royaulme voe telle seurté, Ung tel repos, et telle liberté, Qu'ay·tousiours heue : horsmys depuis qu'enuya
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