La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

REVUE DES LIVRES 255 la philosophie, nécessaire aux Etats comme aux individus, rapond à un impér1eux besoin de l'esp1·it'humain, dont elle e~t l'honneur, et que, comme dit Leibnitz, elle est éternelle. Nul n'était mieux en mesure que le traducteur des œuvres d'Al'istote, de produire ce plaidoyer; M. Barthélemy-Saint-Hilaire s'est acquitté de cette tâche avec une modération de langage et une élégance de style qui contri• bue1·ont à rallier à la philosophie bien des récalcitrants. L'Artau point de vue sociologique, par M. GuYAu; avec une introduction de .M.. Alfred Fouillée, 1. vol. in-8° de la Bibliothèque et Philosophie contem• poraine, F. Alcan, 7 fr. 50. Oa a souvent étudié l'a1·t au point de vue social et dans son influence sur les sociétés; on ne, l'a pa~ étudié au point de vue proprement sociologique, qui fait consister l'essence même de l'art, comme celle de la religion et de la morale, dans un développement de l'instinct social. Ce point de vue nouYeau fait l'originalité du p1·emier des grll.nclsouvrnges posthumes de Guyau. Tous les problèmes auxquels l'art donne lieu sont ainsi rajeunis et nous offrent un plus haut intérêt : 1·éalisme et idéalisme, nature et influence croissante du roman sociologigue, intl'Oduction des idées sociales et philosophiques dans la poésie, littérature des désiquilibrés, des crin~inels et des décadents, etc. - On retrouvera dans ce livre les mêmes qualités de philosophe et d'artiste qui font du précédent ouvrage l'irréligion de l'avenir un chef-d'œuvre: profondeu1·el clarté, sincérité absolue de la pensée, émotion et poésie du style. Le Contribuable ou Comment défendre sa bourse par Louis WuAR!N, Paris, librairie Félix Alcan; Genève, C.-E. Alioth et C0 , 1 vol. in~12 de xv1 et 355 pages. 3 fr. 50. A côté de l'extension toujours coûteuse des attributions de l'Etat, le grossissement des budgets, ce mal chronique de la plupart des sociétés modernes, a une autre cause : la camaraderie des meoeurs, la politique des politiciens qui, avant de regart!er au bien _du pays, préparent avec l'argent de tous les prochaines élections. Comment pourrait-on obliger ceux qui gouvernent à ne dépenser que ce gui est réclamé pat· les services publics, et réduire le coulag·e à son minimum 1 Tel est le problème abordé dans ce volume et il y a vraiment lieu de s'étonner ·qu'un ouvrage spécial sur ce sujet n'ait pas été écrit plus tôt. L'auteur ilu Contribuable, M. Louis W ua1·in, lauréat de l'Académie des Sciences morales et politiques, enseigne à l'Université de Geuève diverses branches des sciences sociales. Il aime la démocratie, mais précisément parce qu'il l'aime, il ne lui ménage pas les vérités utiles. On verra aussi qu'avant de se lancer dans son étude, il a procédé à une enquête étendue et réuni une grande masse de faits propres à éclairer sa marche, car un peu partout la guerre aux politiciens a déjà commencé. Il a pu, de la sorte, écrire un livre de doctrine aboutissant à des conclusions pratiques d'une grande netteté. Ses lecteurs devront se rendre à ses arguments ou, s'ils refusent de le suivre, dire pourquoi, et de toute façon le volume que nous annonçons fera avancer l'étude d'un sujet d'une pressante actualité. Les entreprises agricoles et la participation du personnel aux bénéfices par ABERT CAZENEUVE, Paris Guillaumin, 1 vol. in 8°. Prix : 5 francs. Ce liv1·erenferme une étude très complète sur l'organisation du travail dans les entreprises agricoles, sur les bons effels que peut y produire dans certains cas l'application du système de la participation et sui· les conditions indispensables po~r permettrn l'utile fonctionnement du système.

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