La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

24¼ LA REVUE SOCIALISTE étape vers l'émancipation de la classe ouvrière. Les longues heures du travail abrutissent. l'ouvrier. Il est. faux de dire qu'une diminu-:- tion des heures,le traYail ait pour conséquence une climinution des salaires, car le contraire est prouvé par la statistique. Dans les pays où la journée de trayail est la plus courte, les salaires sont toujours plus élevés que dans les pays où la journée de travail est plus longue. » Les Trades unionistes ont nommé des conseillers municipaux, qui, dans les travaux des villes et rlescommunes,ont introduit la journée de huit heures. En diminuant la journée de travail, on permet à l'om-rier de s'instruire et on réduit la mol'talité.Les statistiques de la Société des mécaniciens anglais fournissent la preuve qu'en diminuant la journée de trayail on accroît l'existence humaine. Il y a vingt-cinq ans, avant la diminution des heures de trayail, la moyenne <lela vie des mécaniciens était de trente-huit ans; maintenant elle s'élève à quarante-huit ans et demi. Cela est une nouvelle preuye rle la nécessité de la conquête des mandats politiques par les ouvriers, utilité malheureusement niée par la ·Socialist League, qui est totalement opposée à l'entrée de ses membres au Parlement. Le poète socialiste Morris y ferait cependant bonne figure pour défendre ce socialisme '.qui, presqu'inconnu en Angleterre, il y a 6 ans, est deyenu une puissance sur laquelle il faut compter. Les orateurs socialistes,qui montent sur les bornes, au carrefour des rues, étaient hués autrefois; aujourd'hui le peuple et les paysans, plus inflammables ~ncore que les ouuiers, les écoutent et les applaudis,-,entavec enthousiasme. La Social democratic Federation, jusqu'ici l'adversaire implacable des tractes-unionistes a fait la déclaration suivante, dont une copie sera enYoyée au secrétaire du comité parlementaire du Congrès des 'l'rade's Unions ayec inYitation de la porter deyant le congrès annuel qui se tiendra en septembre prochain : Nous sommes partisans d'une entente définitive avec les trades-unions, de méme qu'avec tous les socialistes des autres pays. Mais nous ne voulons pas d'un conseil permanent de contrôle qui résiderait dans une seule localité. Bientôt ce conseil abuserait de son autorité pour empêcher l'autonomie nationale des autres sodalistes, et il tournerait bien vite à la « clique » (ce mot a éié dit en français pae le délégué). Oui, hâtons-nous de contracter la grande alliance internationale, qui permettra. enfin aux travailleurs de tous les pays de prendre possession du sol, des machines et des moyens de transports. L'abondance des matières nous force à remettre au prochain numéro le résumé du Cong1·ès de8 a.s.sociatioriscoopératives ouvert cette année à Ipswich sous la présidence de M. Marshall, professeur d'économie politique à l'université de Cambridge, et auteur d'une belle formule qui élargit et complète les définitions orthodoxes : La

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