242 J.A REVUE SOCIALISTE les chiffres de 50 a 60 0/0. Les ouYriers teavaillent de 13 a 14 heures par jour. La moyenne du salaire ouvrier, en comptant ce que gagnent les femmes et les enfants, n'est que de un franc par jour. Aussi un tiers cle la population est-il secouru par les bureaux de bienfaisance. Pas de lois sur les.accidents de travail, les bourgeois ont bien créé une commission d'arbitrage, de conciliation, mais sur de telles bases que les omTiers ont déclaré qu'ils n'en acceptaient pas la composition et qu'ils refusaient de se soumettre a ses décisions. La coalition patronale et capitaliste est toute puissante. Les patrons font à leur gré et selon leurs besoins de renchérir les objets premiers nécessaires a la Yie ou baisser les salaires cl le travail. En maître absolu, le patron rem·oie de son chantierl'om-rier qu'il juge dangereux et, par une formule de conyention hypoc1·itement insc1·iteclans le livret de l'omTier, il l'empêche d'être embauché nulle part. Ils sont ainsi 200 ou 300 ou,Tiel's indéfiniment sur le payé belge. Le parti ouvrier socialiste voit ses 1·angsaugmenter chaque jour, et souhaite que les syndicats nationaux et internationaux se prêtent et s'avancent mutuellement les sommes nécessaires pour faire durer les grèves jusqu'au jour Youlu.Le patron céderait et la rémunération ·générale de l'ouvrier en profiterait. Il désire donc une entente économique internationale et. la reconstitution de l'ancienne société draction l'Internationale, afin d'arriver tôt à l'émancipation du prolétal'iat universel. Le parti ouvrier belge, qui repose sur des syndicats et sur des groupes solidement organisés, n'en est pas moins très autonome. Il entend ne recevoir les ordres de personne pour sa ligne de conduite intérieure. Il demande des lois pour la protection du traYail et des travailleurs et le relèvement des salaires à un taux suffisant. En face des mesures politiques prises en vue d'éloigner systéniatiquement les ouvriers clusoiu de leurs propres affaires, - le taux élevé du cens électoral (42 fr.) les tenant en dehors des affaires publiques, - il réclame tout d'abord comme un droit, le suffrage uniyersel. Nous avons emprunté cet aperçu général aux rapports des délégués belges aux tleux congrès socialistes de Paris. Malgré notre désir de ne plus être incomplet, force nous est de ne pas encore entrer cette fois dans de plus amples détails. Il y aurait pourtant. des choses fort intéressantes à dire sur le bisma1·ckismeproyocateur du gouvernement. belg~,surabondamment prouvé par les révélations <le la Nouvelle Revue et par les résultats du procès de Mons, - sur les adYersaires cléricaux ou libéraux de la loi en discussion à la Chambre SUL' le trayail des femmes et des enfants, sur les lois de protec-
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