190 LA REVUE SOCIALISTE co1Jectivité<lusol, pour être réelle, c'est-à-dire pour profiter.à tous sans exception aucune, exige un ensemble de conùitions que je Yais expose1'. L'appropriation collective réelle clusol n'existe que s'il est mis également à la dürposition de tous, et si en même temps la rente est dépensée en faveur cletous. Comment ces conditions doivent-elles èti·e obsenées? Commençons par le premier point. Il faut: l• Que la société se charge de déYeloppei·,ayec un égal soin, l'intelligence de tous les enfants, autant que les aptitudes de chacun le rendent possible; 2°Qu'elle loue los fractions du sol avec le mobilier indispensable à leur bonne exploitaLion; 3° Qu'elle donne a chaque travailleur, lor:; de son eufrée dans la société des majeurs, une dot sociale; 4° Qu'elle prête un cai1ital à ceux qui auraient perdu lem· dot; / 5° Enfin que les baux soient pei·sonnels et que les sous-locations soient interdite:. En dehors cle l'observation de ces difiél-ents points, le sol serait mis à la disposition des 1·iches exclusiYement. Eux seuls sei·aient nécessairement acceptés comme locataires clu sol, ca1· ils seraient en état d'offrir une rente plus avantageuse à la société. Il faut en eŒetde l'argent et des connaissances pom· être capable d'exploitei- la matière avec fruit. Or, tant que l'instruction des jeunes géné1·ations reste à la charge des famille:;, les seuls riches peuyent aYoir l'intelligence déYeloppée. De plus, une propriété foncière <1é1méedu capital indispensable a sa mise en Yaleur ne peut être louée que par celui quipossède déjà un certain degeé de richesse. Enfin, en l'absence des baux exc\usivement personnels, les plus riches deYienclraient adjudicatai1·esdu sol entier qu'ils sous-loue1·aient ensuite à des traYailleurs p1·olétaires, obligés cle passer pa1·les conditions qui leur seraient imposées. Voyons maintenant de quelle façon la rente doit être dépensée, poul' que l'on pui~sc légitimement soutenir que c'est au profit de tous sans exception : 1° La société doit prendre a sa charge l'éducation et l'instruction intégrales des enfants, jusqu'à. leur majorité; 2°Elle rloit avancer à chacun d'eux, lors de son entrée dans la société des majeurs, une dot sociale;
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