La Revue socialiste - 1889 - Tome X - vol 02

122 LA REVUE SOCIALISTE avec laquelle elle poursuit d'un bout à l'autre de la péninsule, l'établissement de la paix par la liberté ; 5° Le Congrès constate avec bonheur le caractère profondément international et pacifique des six 1·ésolutions prises par la conférence parlementaire réunie à Paris, le~ 29 et 30 juic 1889. Voici maintenant l'appel que Yient de publier le Comité francoitalien. A ces paroles généreu:--es la démocratie française saura répondre, nous en sommes certain. APPEL DU COMITÉ FRANCO-ITALIEN A LA DÉMOCRATIE FRANÇAISE. Les temps sont g1·aves. Pendant qne les peuples, épris de liberté, de paix et de justice, échangent des manifestations de sympathie et de solidarité interna.- tionale, dans certaines chancelleries monarchiques, on attise les haines, on prépare des conflits. IJes hommes de guerre et de réaction poussent, sans scrupule, à une conflag-ration qui mettrait aux prises dix millions d'hommes, ferait de l'Europe un champ de dévastation, de carnage et qui - espèrent-ils - emporterait dans la tourmente la République française, la République suisse et, par contre-coup, toutes les liberté:,; européennes. Car, c'est contre tout ce qui fait la force des peuples, contre tout ce qui éclaire leur présent et ensemence leur avenir que conspirent les meneurs de la nouvelle Sainte-Alliance. Mais les nations majeures ne laisseront confis<ijuer ni leurs républiques, ni leurs libertés, ni leu1·s espérances politiques ef sociales. Les Français et les Italiens, notamment, que tout unit et qu'une diplomatie criminelle tente de diviser, ont bien compris le danger, ont bien vu le devoir. Les comices de ~Iarseille, de Milan, de Plaisance, de Naples, des Romag·nes, les manifestations populaires, éloquemment significatives, de Livourne, de Gênes, de Palerme, de Spezia, de Turin, de Milan, de Rome et, d'autres faits analogues, ont marqué le désir d'entente que propage spécialement la presse éclairée àes deux pays. Cette politique d'union entre les frères d'armes de Solférino et de Dijon va re(•evoir une nouvelle consécration, lors de l'arrivée des centaines de délégués. qu'ont décidé d'envoyer à la démocratie républicaine et sociale française les associations démocratiques et garibaldiennes, fédérées à cet effet, les groupes de la Fédération ouvrière mazzinienne représentés au Congrès national de Naples et les groupes socialistes représentés aux Congrès régionaux de Rimini et de Forli. Tous ces hommes, démocrates républicains ou socialistes, viendl'Ont apporter à la République française et au peuple français l'attestation des sympathies de l'élite du peuple italien qui réprouve la Triple-Alliance. :{louraccueillir fraternellemeut ces hôtes de paix et de justice, des hommes venus de tous les partis républicains et de tous les partis socialistes français se sont constitués en Comité franco-italien de réception de délég11ésitaliens. Le Comité fait appel à tous les groupes républicains, àtous les hommes de bonne volonté (Français ou Italiens domiciliés en France) à tous ceux qui veulent l'alliance défensive des peuples. Il faut que la manifestation franco-italienne de la deuxième quinzaine d'août, soit si cordiale et si imposante qu'elle atteste d'une façon éclatante l'indestruc-

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